Exposition à Woincourt (80)

Annonce de l’exposition. Lire le courriel de Gérald Dreumont ci-après.

Vous pouvez obtenir la feuille d’engagement et le règlement en cliquant sur le lien ci-dessous. Il suffit ensuite d’imprimer le document, de le remplir et de l’envoyer par voie postale aux organisateurs.

LE CORBEAU MIRACULE

Yves nous livre ce sympathique souvenir d’enfance qui nous montre à quel point nos relations avec les animaux sont marquées par les rencontres du jeune âge. Cette histoire montre aussi que l’homme peut rester fidèle à l’enfant qu’il était.

Lorsque j’avais une douzaine d’années j’avais tiré avec ma carabine sur un corbeau freux. Il était tombé comme une pierre. J’étais content de l’avoir descendu et fier de mon habileté.

La pauvre bête avait juste une aile cassée. J’étais content qu’il soit encore vivant et fier de le soigner en lui confectionnant une attelle.

Je l’avais mis dans une petite cage et il avait accepté de manger et de boire. Au bout de quelques jours, il n’était plus craintif. J’étais content qu’il se soit adapté à sa condition captive et fier de le nourrir.

Au bout d’un mois j’ai défait son attelle. J’étais content que ses os se soient bien ressoudés et fier de l’avoir guéri.

Après une semaine de réadaptation au vol à travers le garage, j’étais content qu’il ne soit plus handicapé et fier de ressembler à un vrai fauconnier.

Nous nous étions attachés l’un à l’autre et je voulais qu’il retrouve sa liberté. Je l’ai posé sur la branche d’un arbre du jardin mais il ne voulait pas partir. Il a fallu que je lui fasse peur pour qu’il prenne son envol. J’étais content de le voir disparaître à l’horizon vers sa nouvelle vie et j’étais fier d’avoir sauvé un être vivant.

Ma mère m’a dit : « Ce que tu fais là est complètement absurde ! »

Non, soixante ans après, je n’ai pas changé !

Bien qu’angoissé par la disparition de la biodiversité, je vais toujours à la chasse. Mon chien cherche avec passion le gibier dans les fourrés et me ramène le perdreau dans sa gueule, les yeux pétillants de fierté.

Lorsque je découvre, dans ma couveuse, des petits poussins venant d’éclore, je suis, comme un enfant, toujours émerveillé par ce miracle.

Une éclosion le 6 octobre

Donner la mort, donner la vie, j’ai l’impression d’être le Bon Dieu.

Yves ABATE

Le temps de s’asseoir sur un banc

Suite à l’article publié le 25 juin dernier pour présenter le dernier ouvrage d’Hubert Reeves (Le banc du temps qui passe) je reçois cette réaction d’Yves Abate. Je ne résiste pas au plaisir de la partager avec vous tous et je remercie vivement Yves d’avoir pris le temps de « prendre sa souris » pour nous faire profiter de sa réflexion. Cliquez sur le lien à la suite du texte pour voir les photos.

Prendre le temps de s’asseoir sur un banc !

Suite à ton article « Les animaux ne sont pas bêtes », j’ai acheté le livre d’Hubert Reeves « Le banc du temps qui passe » dont tu recommandais la lecture. Je n’ai pas beaucoup le temps à consacrer à la lecture, mais c’est un livre très facile à lire car il est composé de petits paragraphes indépendants.

Je partage entièrement sa conception de la nature et de la vie mais ne suis pas un scientifique astrophysicien comme lui. C’est un passionné qui transmet sa passion au travers de ses livres et de ses présentations télévisées. On ne peut pas rester insensible à sa pensée.

Je m’assois souvent sur le banc en pierre près de mon étang. Il est entouré de saules, de bambous et d’arbres fruitiers, à l’ombre de trois gros bouleaux. C’est un moment de solitude reposant et agréable où je peux passer quelques temps à méditer dans cet écrin feutré, entouré et protégé par le monde végétal qui m’imprègne. Mes canards et mes oies viennent me regarder en se demandant pourquoi je viens là, perdre mon temps !

Tout être vivant est sur terre pour prolonger la vie de son espèce (de ses ancêtres) dans le temps. Il passe un moment sur cette terre merveilleuse, à découvrir, à se nourrir, à se reproduire et à ressentir son entourage.

Depuis mon plus jeune âge j’ai été attiré par le contact des oiseaux et lorsque certains disent qu’une dinde est bête avec son petit cerveau, cela m’a toujours choqué car la bêtise n’est pas une valeur. Un homme bête peut être humble et un homme intelligent peut être prétentieux.

On dit que l’homme n’est plus un animal depuis qu’il s’est mis debout sur ses pattes arrière. Mais mon émeu s’est mis sur ses pattes arrière depuis le temps des dinosaures et ses pattes avant se sont atrophiées. L’émeu a privilégié sa bouche pour pouvoir exister encore actuellement alors que l’homme, lui, a privilégié ses pattes avant. En utilisant ses mains, il a pu toucher, essayer, découvrir et construire, ce qui a permis à son cerveau de réfléchir et de penser.

Avec mon émeu, nous échangeons souvent notre regard ensemble. Ses yeux sont plus gros que les miens et son cerveau dix fois plus petit. Imprégné de la théorie de Darwin, dans son regard,  je me sens transporté à travers les ancêtres de mon émeu à l’intérieur de sa grosse pupille noire. Je sens que nous faisions qu’un, il y a des millions d’années. Je sens aussi que nous resterons ensemble, après notre passage sur cette terre et cela me rassure.

J’ai déjà lu une cinquantaine de pages de ce livre sur les trois cent et je bois avec délice les méditations d’Hubert Reeves sur la nature, la vie, le temps et le cosmos.

Merci, Guy, pour m’avoir fait connaitre cet ouvrage.

Yves ABATE

photos-du-temps-qui-passe

NON, LES ANIMAUX NE SONT PAS BETES

PHOTO MARIE ANTOINETTE

De Marie-Antoinette et Alain je reçois le message suivant qui illustre le propos récent.

Squatter, ça existe même chez les animaux.

Un couple de pigeons a élu domicile dans le clapier. Il est parfaitement accueilli par le lapin ! Tout ce petit monde cohabite sans problème, pour le moment du moins !!!

A bientôt.

BAGUES

Non, ce n’est pas une blague, il s’agit bien d’une réaction au problème des commandes de bagues dont nous avons discuté lors de notre assemblée générale.

Yves nous donne son sentiment à ce sujet. N’hésitez pas à réagir à ses propos car je ne doute pas que nombreux sont les éleveurs qui partagent son avis.

Suite aux problèmes évoqués pour les commandes de bagues aux assemblées générales de la SABG et de la BCVM, j’ai écrit l’article ci-joint.

Il n’est pas normal de devoir passer sa commande de bagues en juin 2018 pour baguer ses jeunes qui vont naître en 2019 et que l’on mettra peut-être en exposition en 2020.

Il n’est pas normal de devoir commander des bagues différentes entre les volailles et les pigeons alors que l’on ne peut pas prévoir le nombre des uns par rapport aux autres.

Et voici un texte qu’il nous adresse : à savourer sans modération.

La Bague fermée

La première bague que j’avais achetée était la bague de fiançailles pour ma femme.

Elle avait un minuscule diamant de la grosseur de mes finances de l’époque, mais représentait un énorme sentiment amoureux.

Ensuite j’ai acheté de minuscules bagues pour Bengali vert de 2 mm de diamètre jusqu’à d’énormes bagues pour Dindon, de 27 mm de diamètre.

La bague fermée permet la traçabilité. C’est la carte d’identité de l’oiseau indiquant son année de naissance et la personne chez qui elle est née. Elle ne doit pas pouvoir être retirée de la patte de l’oiseau adulte. Elle doit être glissée sur la patte de l’oisillon, lorsque celle-ci est encore petite. Les bagues fermées sont vendues par les associations spécialisées. Pour un de mes faisans, par exemple, le numéro est F 12 18 DE 523 : Cela veut dire : France Diamètre 12 mm Année 2018 et Numéro de localisation de l’éleveur.

Pour les oiseaux de la faune sauvage, le baguage est obligatoire pour leur détention. Elle évite l’enrichissement des braconniers qui prélèvent certains oiseaux ayant une valeur commerciale directement dans la nature et qui participent à la disparition des espèces.

Pour les oiseaux domestiques, le baguage n’est pas obligatoire pour leur détention mais est exigé pour les sujets que l’on veut présenter aux concours et expositions ornithologiques et avicoles.

Je vous raconte ci-dessous une petite histoire qui m’est arrivée :

Madame X, habitant un petit village de Seine et Marne, avait trouvé un pigeon apprivoisé qui mangeait sur son gazon. Elle crut qu’il était perdu et nota le numéro de sa bague. Elle fit une lettre à la Société Centrale d’Aviculture de France afin de retrouver son propriétaire. La SCAF, qui avait vendu la bague au club « Basse Cour du Val de Marne », a transmis la lettre à ce club.

La BCVM qui m’avait revendu la bague m’a retransmis la lettre.

Sur le coup, j’avais pensé à une erreur car mes pigeons ne s’éloignent guère de plus de 100 mètres de chez moi. Mais, après réflexion, je me suis rappelé que, l’année précédente, j’avais participé à une exposition organisée en Seine et Marne par la Société Avicole Brie et Gâtinais. A cette exposition, un couple de mes pigeons avait été vendu. J’ai donc transmis la lettre à la SABG qui, sur son registre des ventes, a retrouvé l’adresse de l’acheteur, Monsieur Y. Elle a donc donné à Madame X les coordonnées du propriétaire qui était en fait un voisin.

Je ne connais pas la conclusion de cette histoire mais espère que, par l’intermédiaire de ce pigeon, Madame X et Monsieur Y se sont liés d’amitié.

Yves ABATE