VISITE DU ZOO DE VINCENNES : LE POINT DE VUE DE YVES ABATE

Le 15 juin dernier, Pierre Hermann avait organisé une sortie pour visiter le zoo de Vincennes et nous avons passé une agréable journée avec un bon repas convivial en se racontant nos réussites et nos échecs d’élevage.

J’ai trouvé deux atouts positifs à cette visite :

  1. Une propreté des enclos des animaux, des parterres végétaux  et des allées de circulation.
  2. Une impression de liberté et d’espace pour tout le monde animal vivant dans ce parc.

C’est la conception actuelle que demandent les visiteurs d’un parc animalier.

Ils ne veulent pas voir de déjections ni sentir d’odeurs animales, car c’est sale et ça représente le négatif.

Ils  ne veulent pas voir non plus d’animaux derrière des barreaux car cela donne l’impression d’être en prison et d’être puni.

Dans mes volières, pour la propreté, ce n’est pas la perfection ! Je suis seul à m’en occuper et je n’ai pas le temps de faire un parfait nettoyage. Je nettoie juste pour éviter les odeurs et la propagation de la vermine et des maladies. Mes animaux ne s’en portent pas plus mal !

 Un animal est de nature propre et ne fait pas ses saletés aux endroits qu’il fréquente régulièrement. En volière, ce n’est pas le cas car la surface pour vivre étant restreinte, les saletés ne peuvent pas toujours être cachées.

En captivité, certains animaux font le va et vient derrière leur grillage car ils n’ont pas assez d’espace, mais je pense qu’un animal qui a des jeunes est un animal heureux vivant convenablement.

La souffrance animale est à la mode mais il ne faut pas la voir partout où un animal sauvage est en captivité. Un faisan qui est né en cage est heureux et ouvrir sa porte, c’est le condamner à mourir. Il n’est pas capable de se débrouiller seul.

Je ne connais ni le coût des travaux réalisés ni le coût de la maintenance de ce zoo mais ça doit être des sommes importantes. Et quelle en est la rentabilité ?

Chez moi, à cette époque de l’année, ça grouille de jeunes mais, dans ce zoo, j’en ai vu très peu, C’est triste car il n’y a pas de renouvellement des individus, ils sont juste là pour être conservés.

Non, ce n’est pas le zoo qui a émerveillé ma jeunesse, les bouquetins et les singes qui grimpaient sur le rocher, les éléphants et les ours à qui l’on donnait des cacahuètes !

Nous sommes dans un autre temps, avec d’autres concepts. Il faut tenir compte du bien-être animal. Nous allons vers un monde de plus en plus artificiel.

DROIT ANIMALIER

Voilà déjà quelque temps notre ami Daniel DADU m’a fait le plaisir de m’adresser des documents intéressants pour les éleveurs que nous sommes. Il s’agit d’un article paru dans la Revue de Droit Rural de février dernier qui présente des informations et une réflexion sous le titre « La consécration du droit animalier, complément utile au droit rural ».

Vous trouverez copie de l’intégralité de ces documents en cliquant sur les liens qui suivent. N’hésitez pas à nous faire part de vos propres réflexions sur le sujet. Si vous le souhaitez (et bien sûr si vous exprimez votre souhait) nous pourrons revenir sur ces questions en fournissant analyses et commentaires…

Discours de clôture de l’expo : commentaire.

Yves Abate communique un commentaire du discours prononcé par Gilles le 11 novembre dernier lors de la clôture de l’exposition 2018. Qu’il en soit remercié.

Cliquez sur le lien pour lire le texte.

Commentaire sur le discours de clôture de l’expo de BrieDownload

Exposition à Woincourt (80)

Annonce de l’exposition. Lire le courriel de Gérald Dreumont ci-après.

Vous pouvez obtenir la feuille d’engagement et le règlement en cliquant sur le lien ci-dessous. Il suffit ensuite d’imprimer le document, de le remplir et de l’envoyer par voie postale aux organisateurs.

LE CORBEAU MIRACULE

Yves nous livre ce sympathique souvenir d’enfance qui nous montre à quel point nos relations avec les animaux sont marquées par les rencontres du jeune âge. Cette histoire montre aussi que l’homme peut rester fidèle à l’enfant qu’il était.

Lorsque j’avais une douzaine d’années j’avais tiré avec ma carabine sur un corbeau freux. Il était tombé comme une pierre. J’étais content de l’avoir descendu et fier de mon habileté.

La pauvre bête avait juste une aile cassée. J’étais content qu’il soit encore vivant et fier de le soigner en lui confectionnant une attelle.

Je l’avais mis dans une petite cage et il avait accepté de manger et de boire. Au bout de quelques jours, il n’était plus craintif. J’étais content qu’il se soit adapté à sa condition captive et fier de le nourrir.

Au bout d’un mois j’ai défait son attelle. J’étais content que ses os se soient bien ressoudés et fier de l’avoir guéri.

Après une semaine de réadaptation au vol à travers le garage, j’étais content qu’il ne soit plus handicapé et fier de ressembler à un vrai fauconnier.

Nous nous étions attachés l’un à l’autre et je voulais qu’il retrouve sa liberté. Je l’ai posé sur la branche d’un arbre du jardin mais il ne voulait pas partir. Il a fallu que je lui fasse peur pour qu’il prenne son envol. J’étais content de le voir disparaître à l’horizon vers sa nouvelle vie et j’étais fier d’avoir sauvé un être vivant.

Ma mère m’a dit : « Ce que tu fais là est complètement absurde ! »

Non, soixante ans après, je n’ai pas changé !

Bien qu’angoissé par la disparition de la biodiversité, je vais toujours à la chasse. Mon chien cherche avec passion le gibier dans les fourrés et me ramène le perdreau dans sa gueule, les yeux pétillants de fierté.

Lorsque je découvre, dans ma couveuse, des petits poussins venant d’éclore, je suis, comme un enfant, toujours émerveillé par ce miracle.

Une éclosion le 6 octobre

Donner la mort, donner la vie, j’ai l’impression d’être le Bon Dieu.

Yves ABATE

Le temps de s’asseoir sur un banc

Suite à l’article publié le 25 juin dernier pour présenter le dernier ouvrage d’Hubert Reeves (Le banc du temps qui passe) je reçois cette réaction d’Yves Abate. Je ne résiste pas au plaisir de la partager avec vous tous et je remercie vivement Yves d’avoir pris le temps de « prendre sa souris » pour nous faire profiter de sa réflexion. Cliquez sur le lien à la suite du texte pour voir les photos.

Prendre le temps de s’asseoir sur un banc !

Suite à ton article « Les animaux ne sont pas bêtes », j’ai acheté le livre d’Hubert Reeves « Le banc du temps qui passe » dont tu recommandais la lecture. Je n’ai pas beaucoup le temps à consacrer à la lecture, mais c’est un livre très facile à lire car il est composé de petits paragraphes indépendants.

Je partage entièrement sa conception de la nature et de la vie mais ne suis pas un scientifique astrophysicien comme lui. C’est un passionné qui transmet sa passion au travers de ses livres et de ses présentations télévisées. On ne peut pas rester insensible à sa pensée.

Je m’assois souvent sur le banc en pierre près de mon étang. Il est entouré de saules, de bambous et d’arbres fruitiers, à l’ombre de trois gros bouleaux. C’est un moment de solitude reposant et agréable où je peux passer quelques temps à méditer dans cet écrin feutré, entouré et protégé par le monde végétal qui m’imprègne. Mes canards et mes oies viennent me regarder en se demandant pourquoi je viens là, perdre mon temps !

Tout être vivant est sur terre pour prolonger la vie de son espèce (de ses ancêtres) dans le temps. Il passe un moment sur cette terre merveilleuse, à découvrir, à se nourrir, à se reproduire et à ressentir son entourage.

Depuis mon plus jeune âge j’ai été attiré par le contact des oiseaux et lorsque certains disent qu’une dinde est bête avec son petit cerveau, cela m’a toujours choqué car la bêtise n’est pas une valeur. Un homme bête peut être humble et un homme intelligent peut être prétentieux.

On dit que l’homme n’est plus un animal depuis qu’il s’est mis debout sur ses pattes arrière. Mais mon émeu s’est mis sur ses pattes arrière depuis le temps des dinosaures et ses pattes avant se sont atrophiées. L’émeu a privilégié sa bouche pour pouvoir exister encore actuellement alors que l’homme, lui, a privilégié ses pattes avant. En utilisant ses mains, il a pu toucher, essayer, découvrir et construire, ce qui a permis à son cerveau de réfléchir et de penser.

Avec mon émeu, nous échangeons souvent notre regard ensemble. Ses yeux sont plus gros que les miens et son cerveau dix fois plus petit. Imprégné de la théorie de Darwin, dans son regard,  je me sens transporté à travers les ancêtres de mon émeu à l’intérieur de sa grosse pupille noire. Je sens que nous faisions qu’un, il y a des millions d’années. Je sens aussi que nous resterons ensemble, après notre passage sur cette terre et cela me rassure.

J’ai déjà lu une cinquantaine de pages de ce livre sur les trois cent et je bois avec délice les méditations d’Hubert Reeves sur la nature, la vie, le temps et le cosmos.

Merci, Guy, pour m’avoir fait connaitre cet ouvrage.

Yves ABATE

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