BULLETIN 130 Janvier 2023

Notre bulletin annuel est en cours d’élaboration.

Il n’est pas trop tard pour que vous m’adressiez des articles, des réflexions, des propositions pour améliorer le fonctionnement de notre association. Pas trop tard non plus pour me faire part de vos expériences, de vos difficultés, de vos souhaits.

Alors à vos plumes et claviers, toutes les idées sont les bienvenues !

Guy

gc.sabg@gmail.com

COMPÉTITION

Un point de vue qui n’est pas très répandu dans nos sociétés. Et, dans la Société Avicole Brie et Gâtinais, que pensent les adhérents ?

En tout cas il n’est pas interdit de méditer ces mots d’Albert Jacquard qui nous a quittés il y a bientôt dix ans.

« « Réussir » est devenu l’obsession générale dans notre société, et cette réussite est mesurée par notre capacité à l’emporter dans des compétitions permanentes. Il est pourtant clair que la principale performance de chacun est sa capacité à participer à l’intelligence collective, à mettre en sourdine son « je » et à s’insérer dans le « nous », celui-ci étant plus riche que la somme des « je » dans laquelle l’attitude compétitive enferme chacun ; le drame de l’école est d’être contaminée par une attitude de lutte permanente, qui est à l’opposé de sa finalité.»

▬ Albert jacquard (23 décembre 1925 – 11 septembre 2013)

ASTUCE POUR LIRE LE DOCUMENT

Le document concernant le marché aux oiseaux est orienté d’une façon qui le rend difficile à lire. Pour le lire correctement vous pouvez, une fois que vous l’avez téléchargé, cliquer sur la double flèche tout en haut à droite. Un menu déroulant s’ouvre alors et vous cliquez sur « rotation anti horaire ». Vous verrez, c’est magique ! J’aimerais disposer de la même commande quand j’ai la tête à l’envers…

LE MARCHE AUX OISEAUX -PARIS

Depuis des lustres le marché aux oiseaux, dans l’île de la Cité, est un lieu de rendez-vous hebdomadaire pour les citadins amoureux des oiseaux. Yves Abate l’a bien connu et assidument fréquenté. C’est donc avec tristesse qu’il nous communique l’article de presse que vous découvrirez en cliquant sur le lien ci-dessous.

LA BRUYÈRE

C’est en 1688 que La Bruyère publie Les Caractères. L’histoire de Diphile que je publie ci-dessous n’est-elle pas, parfois, encore d’actualité ?

Diphile….

L’amateur d’oiseaux         

Diphile commence par un oiseau et finit par mille : sa maison n’en est pas égayée, mais empestée. La cour, la salle, l’escalier, le vestibule, les chambres, le cabinet, tout est volière ; ce n’est plus un ramage, c’est un vacarme : les vents d’automne et les eaux dans leurs plus grandes crues ne font pas un bruit si perçant et si aigu ; on ne s’entend non plus parler les uns les autres que dans ces chambres où il faut attendre, pour faire le compliment d’entrée, que les petits chiens aient aboyé. Ce n’est plus pour Diphile un agréable amusement, c’est une affaire laborieuse, et à laquelle à peine il peut suffire. Il passe les jours, ces jours qui échappent et qui ne reviennent plus, à verser du grain et à nettoyer des ordures. Il donne pension à un homme qui n’a point d’autre ministère que de siffler des serins au flageolet et de faire couver des canaris. Il est vrai que ce qu’il dépense d’un côté, il l’épargne de l’autre, car ses enfants sont sans maîtres et sans éducation. Il se renferme le soir, fatigué de son propre plaisir, sans pouvoir jouir du moindre repos que ses oiseaux ne reposent, et que ce petit peuple, qu’il n’aime que parce qu’il chante, ne cesse de chanter. Il retrouve ses oiseaux dans son sommeil : lui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il perche ; il rêve la nuit qu’il mue ou qu’il couve.

Travail d’artiste, non ?

YVES ABATE RÉAGIT A L’ACTUALITÉ

Outre le commentaire d’Yves Abate que j’ai publié sous mon nom, j’ai reçu un texte du même auteur que vous trouverez ci-dessous.
Une émotion bien compréhensible, et souvent partagée, conduit à réagir simultanément aux deux points d’actualité présentés dernièrement, à savoir le décret d’application de la loi sur le bien-être animal et les mesures prises dans les élevages atteints par l’influenza aviaire.
Certes, l’attitude de nombre de nos contemporains témoigne d’un grand manque de connaissance des réalités du monde animal et de la nature en général. Le monde est devenu un monde de citadins en rupture avec ses racines originelles. La vie dans les cités est également source de tensions sociales qui ont des répercussions sur l’état psychologique des individus. Ainsi, peut-être, s’expliquent, en partie du moins, les relations à l’animal qui sont du même ordre que celle du bébé avec une peluche. C’est du même ordre mais avec un sens tout différent quand il s’agit d’adultes.
Ce que souligne Yves est juste quand il dit que la nouvelle loi nuira aux intérêts des vendeurs d’animaux. Tout comme elle rendra difficile les ventes ou les échanges dans le cadre des expositions associatives. Tout cela, sans doute, parce que notre société est malade d’une maladie pourtant curable si l’on prenait soin, dès le plus jeune âge, de proposer une éducation à la nature, à l’environnement, à la responsabilité.
Les discussions, les débats vont pouvoir aller bon train. Et les passions se déchaîner.
Peut-être vaut-il mieux ne pas traiter ensemble le sujet de ce décret et les problèmes sanitaires. Pour autant que j’aie pu m’en rendre compte, le décret n’aborde pas le sujet des usines d’élevage qui me paraît plus important quand on se préoccupe de bien-être animal. Mais on peut s’attendre à ce que le sujet soit traité dans d’autres décrets. Je pense que c’est aller un peu vite en besogne que d’affirmer que les gens ne veulent plus côtoyer d’animaux comme de dire que les hommes dont le nombre augmente sur la planète veulent éliminer les animaux pour garder une certaine suprématie. C’est également aller un peu loin, me semble-t-il, que d’affirmer que l’on trouve du plaisir à faire souffrir l’animal. Certes des comportements anormaux existent mais ne sont pas une règle générale et sont le fait de personnes qui requièrent des soins adaptés.
Ces quelques réflexions pour introduire le texte d’Yves que je remercie. Mais je tenais à introduire et nuancer tout en comprenant que l’émotion a pu entraîner très loin la plume de l’écrivain. Et mon souhait, pour conclure, c’est qu’un large débat puisse s’instaurer entre les lecteurs. Alors, chers lecteurs, à vos claviers !

Le 27 août 2022

Oui, elle s’est mise en route avec célérité
La machine à laver de la S.A.B.G.
Des sourires aux lèvres et les manches retroussées
Ils étaient heureux de se retrouver
Et la vaisselle a été bien vite récurée.
Des lapins, poules ou pigeons les gobelets
Sont propres pour la prochaine expo affronter.

Cliquez sur le lien ci-dessus et vous découvrirez un Conseil d’Administration en pleine réflexion !

Mais attention ! Malheureusement la photo ne montre qu’une partie des travailleurs du jour, sans doute la moins importante à l’image de l’iceberg dont on ne voit que le sommet émergé. Pendant que les hommes bavardent en compagnie de Christine, les dames préparent le repas et les boissons qui étancheront les soifs les plus intenses.
Merci à Paulette qui, bien que n’ayant pu venir, nous a fait parvenir de délicieuses gourmandises. Merci à Andrée, Claudine, Geneviève, Georgette, Jacqueline, Marie-Antoinette grâce à qui nous avons pu nous restaurer agréablement.

BIEN-ÊTRE ANIMAL ET RÉGLEMENTATION

Préoccupation pas très éloignée de celle d’Yves Abate, celle de Pierre Herrmann nous appelle à une vision réaliste mais pas vraiment optimiste de notre avenir d’éleveurs amateurs. Je lui laisse la parole.

Un article sur la réglementation paru sur la newsletter de Gamm vert.

Toujours de la contrainte, encore de la contrainte et, à mon humble avis, ce n’est pas terminé pour les modestes éleveurs que nous sommes. Le découragement est à l’horizon avec, pour conséquence, la baisse notoire du nombre de nos éleveurs à  notre exposition.  C e n’est pas du pessimisme mais du réalisme…!

IL N’Y A QUE LA VOLAILLE QUI M’AILLE…. ! MAIS ATTENTION A LA FLICAILLE…. !

Posséder un poulailler avec quelques poules devient une vraie tendance, qui joint le plaisir de la compagnie des gallinacées aux avantages de produire sa propre nourriture. Mais il est nécessaire de respecter quelques règles, autant en terme de nuisances vis à vis du voisinage, que de l’urbanisme et autres règles environnementales et sanitaires.

Les règles juridiques. Il n’existe pas de règle concernant la distance minimale entre un poulailler et la limite de votre terrain. Néanmoins, les nuisances sonores restent interdites à tout un chacun : « Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public  ou privé, qu’une personne  en soit elle-même à l’origine ou que ce soit par l’intermédiaire d’une personne, d’une chose dont elle a la garde ou d’un animal placé sous sa responsabilité. » ( Code de la santé publique, article R1334-31 ). De plus, comme avec tout animal de compagnie, c’est votre responsabilité civile qui est engagée en cas de problème dû à vos poules : « Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé ». ( Code civil, article 1243). Vos poules ne doivent pas sortir de votre propriété, que ce soit pour se promener sur la voie publique ou pour picorer dans la pelouse du voisin.

Les nuisances olfactives « peuvent être considérées comme un trouble anormal de voisinage ». « Les installations renfermant des animaux vivants, notamment les clapiers, poulaillers et pigeonniers, doivent être maintenues constamment en bon état de propreté et d’entretien. Ils sont désinfectés aussi souvent que nécessaire. Les fumiers doivent être évacués en tant que de besoin pour ne pas incommoder le voisinage ». ( Code de la santé publique-Article 26 du règlement sanitaire général )

Quelques règles de bon voisinage. Pour faciliter les choses avec vos voisins, parlez leur de votre projet, une fois lancé, proposez leur des œufs . Pour éviter toute nuisance, grillagez votre enclos pour garder vos poules à l’intérieur et, bien sûr, pas de coq !! — Un nettoyage régulier du poulailler et des éléments qu’il contient évitera les nuisances olfactives. Pensez également à la fiente de vos poules. Si vous la gardez pour fertiliser votre jardin : placez-la de façon à ce que l’odeur ne puisse pas gêner le voisinage.

Les règles d’urbanisme. Renseignez vous auprès de la Mairie de votre commune, afin de savoir s’il existe ou pas un arrêté municipal concernant l’installation de poulaillers. Un poulailler est soumis aux mêmes règles dans sa construction que les abris de jardin.

Surface de plancher et emprise au sol inférieure ou égale à 5 m². Hauteur inférieure ou égale à 1,80m. Pas d’autorisation mais déclaration préalable de travaux

Surface de plancher et emprise au sol sont entre 5 et 20 m² Hauteur inférieure ou égale à 1,80 m Déclaration préalable de travaux Permis de construire

Attention : Dans un lotissement ou encore une copropriété, le règlement intérieur doit également être consulté.

Les règles de respect des êtres vivants La règlementation française impose également un code de « bonne conduite » envers les animaux, qui interdit l’exercice de mauvais traitements et demande à chaque propriétaire d’animaux de placer chacun  « dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce  ( Article L 214-1).

Les règles du code rural et de la pêche maritime L’élevage de volailles est autorisé pour tous, si ça reste élevage d’agrément, pour un usage domestique donc, c’est-à-dire la consommation personnelle d’œufs et/ ou de la chair. Un particulier n’a donc pas le droit de vendre le produit de son élevage. Un élevage sera considéré comme professionnel si le nombre de gallinacées atteint les 50 individus de plus de 30 jours, et il doit être déclaré aux services compétents. Depuis 2006, tout propriétaire d’oiseau est tenu de le déclarer à la Mairie de sa commune. « Tout détenteur d’oiseaux est tenu d’en faire la déclaration auprès du maire du lieu de détention des oiseaux en renseignant la fiche figurant à l’annexe 1 du présent arrêté ». (Arrêté du 24 février 2006 relatif au recensement des oiseaux détenus par toute personne physique ou morale en vue de la prévention et de la lutte contre l’influenza aviaire – Article 1)

Conclusion

Toujours plus de règlementation, d’entraves, c’est le leitmotiv de ceux qui veulent  nous éliminer du monde de l’élevage, nous modestes éleveurs loin des mille vaches et dont le seul but est d’être en adéquation avec la nature  et nos animaux  qu’avant tout nous  cajolons. Alors bravo à ceux qui persistent malgré ces entraves permanentes, parfois décourageantes, qui, surtout, ne doivent pas nous faire reculer.

Pierre HERRMANN

LA CAUSE ANIMALE – Réflexions d’un adhérent

Yves Abate est de retour. Comme à son habitude, il nous livre des réflexions sur des sujets de notre temps, sujets qui deviennent de plus en plus épineux. J’ai un peu tardé à mettre son texte en ligne et je le prie de m’en excuser.

Chez moi, les rats sont une calamité ! Ils me détruisent tout, mes volières, mes oiseaux et au moins 10% de la nourriture que je dépense ! On m’a dit que leur prolifération augmentait à cause des interdictions de l’usage de poisons très forts et efficaces. Les temps changent et maintenant le rat est une chance pour l’humanité, non, pardon, pas le rat, mais le surmulot. Il ne faut plus parler avec des noms qui ont des interprétations négatives. Le langage de notre enfance a changé. Les handicapés physiques sont des gens à mobilité réduite, les prédateurs sont des animaux pouvant occasionner des dégâts, les nègres sont des gens de couleur et maintenant les rats sont des surmulots. Voici un article à ce sujet, article qui m’a fait sourire faute d’en pleurer !

Les rats

A Paris, ne dites plus «rat», mais «surmulot» : une élue appelle à «agir différemment» à l’égard des rongeurs

Interpellée par un élu d’opposition sur la prolifération des rongeurs dans la capitale, Douchka Markovic, représentante du Parti animaliste au Conseil de Paris, a invité jeudi à repenser la place du rat dans la ville, suscitant des réactions contrastées.

Le surmulot des villes et le surmulot des champs… Douchka Markovic, conseillère de Paris sous la bannière du Parti animaliste, a suscité une myriade de réactions, ce jeudi, en prononçant un discours visant à légitimer la place des rats dans la ville. Des rats « que je préfère nommer surmulots », explique-t-elle d’emblée, « moins connoté négativement ».

Interrogée par un élu d’opposition sur « l’augmentation du nombre de rats sur l’espace public », Douchka Markovic, également déléguée auprès du maire du 18e chargée de la condition animale, reconnaît que « les actions menées jusqu’à maintenant ne fonctionnent pas et sont très coûteuses ». Néanmoins, dit-elle, une nouvelle manière de traiter ces envahissants rongeurs pourrait consister à leur laisser la place qu’ils méritent dans les rues.

Pour la conseillère, l’utilité des rats est supérieure aux dégâts qu’ils sont susceptibles de causer. « Un premier bilan est déjà de constater le rôle joué par les surmulots au quotidien dans les égouts avec l’évacuation de plusieurs centaines de tonnes de déchets et le débouchage de canalisations », argue-t-elle. En ce sens, les rats sont, poursuit Douchka Markovic, « nos auxiliaires de la maîtrise des déchets. » Quelques huées se font entendre dans l’assemblée.

Une cohabitation entre l’homme et le rat ? L’élue veut y croire. « Nous devons changer de paradigme, nous devons nous interroger sur de nouvelles méthodes efficaces et non létales, défend-elle. Nous devons nous interroger sur les surmulots et leurs manières de vivre, mieux les connaître afin de trouver des méthodes efficaces et éthiques. »

Douchka Markovic propose pour cela des expérimentations qui mettent davantage l’accent sur le nettoyage de la ville que sur la traque des rats. « Un rapport scientifique sera rédigé » à l’issue de ces études, qui devra s’accompagner d’un « bouchage des trous permettant aux surmulots de remonter dans les immeubles » ainsi que de « la pose des grilles dans certains endroits ».

Une prise de parole « lunaire », a jugé en réaction le conseiller d’opposition Paul Hatte qui avait mis le sujet sur la table au Conseil. Sympathisants, élus de droite et défenseurs du mouvement #SaccageParis estiment aussi la prise de position de l’élue animaliste surréaliste, quand certains internautes préfèrent s’en amuser.

Qu’elle plaise ou non, la proposition de Douchka Markovic n’appelle pas, a priori, à l’immobilisme. Elle suggère de rester attentif au bien-être animal en s’attardant sur des études scientifiques. « Un peu facile d’ignorer les solutions proposées pour mettre en avant les propos les plus simples à caricaturer », juge un partisan de la cause animaliste qui prend sa défense sur Twitter, au milieu d’un flot de critiques.