Poux rouges

L’été 2021 ne fut pas une saison magnifique pour les éleveurs comme pour beaucoup d’autres œuvrant dans des domaines où le climat revêt une certaine importance.

Pour nous, éleveurs de poux rouges, enfin plutôt de volailles en principe, nous avons vu proliférer notre cheptel… de poux rouges. Enfin, je ne sais pas pour vous, mais chez moi ce fut du délire.

J’avais mis à profit de beaux jours printaniers pour démonter mes abris bois, les laver, les désinfecter, les repeindre , pulvériser des produits anti poux à titre préventif, épandre de la terre de diatomée… c’est à croire que les poux aiment tout ça et se reproduisent de plus en plus. Ou alors, peut-être mes poules sont-elles trop bien nourries et attirantes ?

Quoiqu’il en soit j’ai pris la décision de transporter mes poulaillers à la déchetterie. J’ai limité le bois offrant des interstices accueillants pour les petites bêtes et j’ai construit une volière recouverte d’une bâche. Je réfléchis actuellement pour organiser cet espace de façon à le rendre le plus confortable possible pour mes bêtes durant l’hiver.

Mes recherches m’ont permis de découvrir un site qui préconise l’emploi d’un matériau appelé HPL. HPL est en fait l’abréviation de “stratifié haute pression” en anglais. Cela provient du fait que le HPL est constitué de plusieurs couches qui sont comprimées (ou laminées) sous très haute pression. Il en résulte une feuille très dense, dure et de forme très stable : le HPL !

« Une feuille HPL se compose d’un noyau en fibre de bois ou en papier et de deux couches supérieures. Le noyau de la feuille est lui-même constitué de plusieurs couches de fibres de bois et de papier imbibées de résine phénolique. Pendant la production, ces couches sont comprimées sous haute pression et à haute température. La résine utilisée est une résine dite thermodurcissable. Cela signifie que la résine durcit sous l’influence de la chaleur. Lorsqu’elles sont comprimées, les couches sont compactées et créent une feuille très dense et dure. Les couches supérieures sont si dures et denses que la lumière du soleil et l’humidité ne peuvent pas pénétrer dans la feuille. Dans un premier temps, les plaques HPL ont donc été développées comme matériau de revêtement pour une utilisation extérieure dans les bâtiments résidentiels et non résidentiels, comme par exemple pour fabriquer les panneaux extérieurs sans entretien et les panneaux de façade en plastique. » (https://plaqueplastique.fr/qu-est-ce-que-le-hpl/)

La ferme de Beaumont, à EU, commercialise un petit poulailler construit avec ce matériau.

Poulailler Cucciolotta Gality Polly Farm : la Ferme de Beaumon...

Il paraît que le marchand de matériaux POINT P commercialise les panneaux ce qui nous permettrait de construire nous-mêmes nos poulaillers sous réserve de disposer d’un outillage adapté car cette matière est, paraît-il, particulièrement dure.

Si certains d’entre vous disposaient de davantage d’informations à ce sujet je leur serais reconnaissant de m’en faire part et j’en ferais profiter tout le monde par le biais du site. D’avance merci.

Et, pour terminer, voici le lien vers le site qui m’a fait découvrir le HPL. Il s’agit du site de la ferme « LES VERGERS DE LA GALINE »

Guy

LES ANIMAUX MALADES DE LA COVID

Non ! Vous savez tous que la peste ne sévit pas chez nous comme au temps de Jean de la Fontaine. La fable « Les animaux malades de la peste » n’est donc plus d’actualité. Et son auteur, se prélassant dans le parc du château de ses grands-parents, surplombant le centre ville de Coulommiers et le village de Mouroux, a bien besoin de la plume alerte d’un jeune confrère pour réactualiser son récit.

Et le jeune confrère ne se fait pas attendre J’ai nommé… Pierre Herrmann. Voici donc le travail de Jean corrigé et mis à jour par Pierre.

« Le Passé est toujours présent »

Citation de Maurice Maeterlink

Le 13 avril 1695 mourait, à 73 ans, Jean de la Fontaine, poète, fabuliste et conteur.

Le brillant maniement des vers et la visée morale des textes, beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît à la première lecture, ont déterminé le succès « des fables de la Fontaine ».

On citera aujourd’hui « les animaux malades de la peste ». Étrange concordance 4 siècles plus tard avec notre situation sanitaire du moment.

A nos chers Éleveurs d’animaux de basse-cour.

« Les animaux malades de la Covid »

Un mal qui répand la terreur
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Covid (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie.
Ni poules ni canards n’épiaient
Le doux et l’innocent ver de terre  
Les tourterelles se fuyaient
Plus d’amour, la vie devient un calvaire.

Le canard de Barbarie tint conseil, et dit : « Mes chers amis »,
Je crois que le ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune.
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux
Peut- être il obtiendra la guérison commune
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements.
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence 
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mon agressivité de renom,
J’ai piqueté force canetons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense.
Même il m’est arrivé quelquefois d’attaquer
Mon nourricier.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
_ Majesté, dit le Lapin, vous êtes trop bon palmipède
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien piqueter des canetons, chenapans, forts de maladresse,
Est-ce un péché ? Non, non : vous leur fîtes, Seigneur,
En les piquetant beaucoup d’honneur ;
Et quant au nourricier, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le lapin, et flatteurs d’applaudir.

Du paradis des conteurs, je souhaite que Jean de la Fontaine me pardonne d’avoir  quelque  peu adapté sans prétention sa fable.

Pierre HERRMANN

LE RESPECT DE L’ANIMAL

Il y a de quoi s’inquiéter quand on lit certains articles. Comment comprendre le verbe « respecter » ? Des citadins n’ayant aucune expérience de la vie avec des animaux élèvent la voix pour discréditer toute forme de domestication et d’utilisation de l’animal. Ce qui ne les empêche pas de profiter de sélections outrancières pour fabriquer des chiens (fiers descendants des loups ?) avec lesquels ils jouent comme avec des peluches.

Je partage ci-dessous le message de Matthieu Leuridan sur Facebook. A chacun de réagir en fonction de ses convictions.

Guy

RÉFLEXIONS SUR NOTRE TEMPS – YVES ABATE

Yves réagit à mon article du 10 avril dernier. J’ai plaisir à partager sur notre site ses propos empreints d’une grande sagesse. Par ailleurs il s’inquiète à juste titre de la situation des associations avicoles par les temps troublés que nous vivons. Je cite ce qu’il m’écrit dans un mail :

« Je viens d’apprendre que le club de l’EAE, dont je fais partie depuis une trentaine d’années, va disparaître ! Les clubs avicoles sont en sommeil, ils vont devoir faire des efforts pour repartir.« 

Et voici sa réaction à l’article du 10 avril.

Par ces temps moroses, Guy nous transmet quelques réflexions d’actualité pour donner un peu de vie au site de la SABG. 

Il termine par cette phrase : « Je nous souhaite à tous de traverser le plus sereinement possible ces « vagues » terribles sur lesquels la Covid-19 nous fait « surfer » comme on dit en « bon » français. » Nous sommes tantôt sur un pic, tantôt sur un plateau, tantôt sur une descente.  

Nous vivons cette pandémie au gré des annonces médiatiques. Peurs, angoisses, paniques bercent notre quotidien. 

Pour moi, petit vieux retraité exilé dans mon oasis de nature, entouré par toute ma volaille, je me sens très peu impliqué dans cette crise sanitaire. 

Oui, la mort plane sur nos têtes, et alors, c’est notre destinée à tous, aujourd’hui ou demain ! 

Je suis surpris de voir l’insouciance de la jeunesse et les craintes de la vieillesse devant cette fin de vie qui nous est inéluctable. Pour moi, je vois les choses complètement inversées : les jeunes doivent craindre de perdre leur avenir et les vieux doivent accepter de laisser la place aux jeunes ! 

Je me sens d’ailleurs de moins en moins concerné par l’avenir de l’humanité. Je ne veux pas sauver la planète car je n’en ai plus le temps et l’énergie. Cela ne m’empêche pas d’être conscient des nombreuses crises que devront affronter les générations futures. Nous devons modifier nos habitudes pour s’adapter aux changements de notre environnement. 

Oui, amis éleveurs, traversons sereinement ces moments difficiles et profitons de ce merveilleux printemps 2021 avec le renouveau de la nature. 

Actuellement, j’ai beaucoup de petits poussins qui m’apportent leur vivacité et leur joie de venir passer un moment sur notre jolie terre. 

Reproduisez, sélectionnez et rendez-vous le plus tôt possible à une grande exposition avicole pour montrer au public les plus beaux et adorables animaux domestiques que nous choyons quotidiennement. 

Bien amicalement. 

Yves ABATE 

EN SIGNE D’AMITIÉ : QUELQUES RÉFLEXIONS DE GUY

I- ÉCRITURE INCLUSIVE

Chers adhérents de la S.A.B.G. et autres associations, amis éleveurs,

Pour commencer, ne soyez pas offusquées, amies éleveuses, si je ne vous ai pas spécifiquement mentionnées dans l’adresse. Pour moi, vieux de la vieille, le groupe « amis éleveurs » comprend automatiquement les amies éleveuses sans qu’il soit nécessaire de préciser. Mais nous vivons une époque moderne et pleine de contradictions. On prône l’écriture inclusive pour ne pas oublier les dames mais en même temps on remet en cause le genre. On recherche la simplicité mais on ne s’offusque pas devant cette écriture inclusive si rebutante à pratiquer.

Quelques règles et exemples d’écriture inclusive. Ils font de l’élevage. Jusqu’à présent on entendait dans cette expression que le groupe dont on parle est composé aussi bien d’hommes que de femmes dans des proportions non précisées. Aujourd’hui il faudrait mentionner par ordre alphabétique les termes au féminin et au masculin. On devrait donc écrire : Elles et ils font de l’élevage. Quant à l’accord, il se fait avec le sujet le plus proche du verbe : Les hommes et les femmes sont belles.

On utilise un point milieu pour marquer le genre des mots : les éleveur.euse.s, les acteur.trice.s. Vous trouvez ça facile, vous ? D’autant moins que mes exemples ne sont pas vraiment justes. En effet, les points ne sont pas corrects mais je ne sais pas les produire à partir de mon clavier. Par comparaison avec les tirets, le point correspondrait au tiret du 8 alors que le point milieu correspondrait au tiret du 6.

II- UN PEU DE LECTURE

Pour ceux qui aiment lire ou qui trouvent le temps de lire, je recommande ce titre de Boris Cyrulnik (Voir ci-dessous). L’auteur expose avec la simplicité qu’on lui connaît des réflexions sur l’actualité que nous vivons. Éleveurs, nous ne pouvons rester indifférents aux questions sur la place de l’humain dans la nature ni sur la place de l’individu dans la société. Beaucoup de nos certitudes nées de notre éducation, de notre expérience sont remises en cause actuellement, nous en sommes déboussolés. La réflexion de Boris Cyrulnik peut nous aider à nous réorienter, à repréciser un cap, à ne pas perdre tous nos repères.

Je nous souhaite à tous de traverser le plus sereinement possible ces « vagues » terribles sur lesquels la Covid-19 nous fait « surfer » comme on dit en « bon » français. En attendant des jours meilleurs soignez bien vos petites et grosses bêtes dans l’espoir que le jour où vous pourrez les présenter en exposition ne se fera pas trop attendre. N’hésitez pas à faire part de toutes remarques qui vous viendraient à l’esprit.

Bien amicalement,

Guy

Le jugement des volailles en exposition.

Parcourant les pages FaceBook , je trouve ce texte de Matthieu LEURIDAN, juge volailles. Après lecture je m’empresse de le partager avec vous tous car je pense qu’il peut éclairer nombre d’entre nous. Il est extrêmement précis et cependant d’une grande clarté. Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire l’article. Guy

Petit article que je viens de faire (PDF en français et pour les français) sur le jugement des volailles en expositions et son « organisation ». Si vous êtes président d’association ou rédacteur d’une revue, vous pouvez le diffuser 😉. Matthieu LEURIDAN

PROTÉGER NOS ÉLEVAGES…

Nous savons tous, par expérience malheureuse, que nos élevages sont la cible de quantité de prédateurs, grands et petits : renards, fouines, rats, oiseaux propagateurs de microbes, poux… La liste est longue. Il faut trouver des parades. Mais il faut aussi se protéger dans le respect d’un équilibre naturel, dans le respect de la biodiversité dont on dit souvent qu’elle est mise à mal. Cela demande réflexion. Et c’est bien sur le terrain de la réflexion que s’engage Yves ABATE quand il s’offusque auprès de la firme DUCATILLON de la voir vendre des pièges présentant un danger pour de nombreuses espèces d’oiseaux qui ne représentent pas une gêne pour nos activités. Voici donc le courrier adressé par Yves à la société DUCATILLON. A chacun de vous de réagir, ce peut être l’amorce d’un débat entre adhérents. Voici donc la copie du courrier adressé par Yves à DUCATILLON. Guy

NOËL

2020, année difficile entre toutes. Un tout petit virus fait régner la terreur sur notre monde. Il se prend pour le roi de la terre ; il a même eu l’audace de se faire baptiser le virus couronné. Son arme absolue ? Faire régner la peur. Et, comme il n’est pas si puissant que ça pour effrayer les éleveurs à l’âme bien trempée, il fait appel à des copains pour nous déstabiliser en inondant les élevages du virus de l’influenza aviaire.

Il ne nous connaît pas bien. Noël est bientôt là. A l’époque romaine c’est DIES NATALIS SOLIS c’est à dire la fête de la naissance du soleil invaincu. Cette fête se déroulait du 17 au 24 décembre, à la fin des Saturnales (fête en l’honneur du dieu Saturne). Exceptionnellement les esclaves étaient invités à la table des maîtres, on faisait bombance, on s’échangeait des cadeaux.

L’étymologie de Noël est donc à relier à Natalis, naissance. A l’ère chrétienne l’église, ne connaissant pas avec exactitude le jour de naissance du Christ, a choisi le 25 décembre pour fêter cet événement, concurrençant ainsi la fête païenne des saturnales.

Quoiqu’il en soit Noël marque toujours la renaissance du soleil après le solstice d’hiver.

Voilà pourquoi, éleveurs de la SABG, du GCF et de toutes les autres associations qu’il serait bien trop long de mentionner ici, je sais que vous ne courberez pas la tête dans l’adversité.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de Noël, dans la joie et la sérénité.

Je vous souhaite du courage s’il vous faut affronter des vents contraires.

Je vous souhaite la force du soleil invaincu.

Bien amicalement,

Guy

EXPO LIMOGES ANNULEE

Le coup de tonnerre qui a éclaté sous les cieux de l’aviculture, de la colombiculture et de la cuniculture se développe en roulements percutants. Voici maintenant le point de vue du président de la SNC, Anthime LEROY.

A l’attention de tous les exposants Le 18 octobre 2020

Annulation de l’exposition de Limoges.

L’année 2020 a vu se développer dans le monde une épidémie liée à l’apparition d’un nouveau coronavirus. Plus d’un million de personnes ont déjà perdu la vie. Les échanges internationaux sont à l’arrêt. La vie économique, sociale et culturelle est sévèrement touchée. Les vérités d’un jour ne sont plus celles du lendemain. Depuis plusieurs semaines la situation épidémique s’aggrave de nouveau en France, la circulation de la COVID-19 s’accélère de jour en jour de façon exponentielle et le pays vient d’être mis en état d’urgence sanitaire en cette fin de semaine. Le respect rigoureux des gestes barrière ne peut à lui seul empêcher la transmission de la maladie, notamment dans un contexte où les éleveurs seront très nombreux, en provenance de toutes les régions de France, dont celles classées en zones d’alerte renforcée et maximale.

Face à ce constat qui nous est imposé, il est de notre devoir de réfléchir à notre responsabilité d’organisateurs et de dirigeants associatifs. Quelle que soit la valeur de notre loisir et toute la passion que nous pouvons lui témoigner, rien, absolument rien, ne justifie qu’il puisse mettre en danger la santé et la vie de ses différents acteurs. La dimension morale et humaine prime sur toute autre considération.

Nous avons pensé par conséquent que la seule décision raisonnable et sérieuse était d’annuler l’exposition. Nous mesurons parfaitement la difficulté de la prendre, notamment en regard de l’investissement personnel des différents acteurs bénévoles.

La SNC tient à assurer la Syndicat Limousin Avicole et Apicole de sa totale solidarité et le démontrera. Un travail commun considérable a été accompli depuis de longs mois, rejoint ces dernières semaines par celui de la FFV. Il ne restera pas sans suite. Cette annulation, imposée par les évènements, est une nouvelle douloureuse pour tous.

Mais c’est dans ces moments difficiles que notre aviculture doit se réunir de façon lucide et solidaire pour faire face aux évènements présents afin de préserver et préparer l’avenir.

Le président de la SNC

Anthime LEROY

Et maintenant la parole est à Pierre DELAMBRE, juge avicole, qui nous livre son point de vue dans un mail que m’a transmis Thierry DUCHEMIN.

A DIRE VRAI… Le 22 octobre 2020

Bonsoir à toutes et à tous,

Dans ce concert de protestations et ce déluge de fausses vérités, c’est pour moi le moment de vous faire part de mon point de vue.

Que l’annulation de Limoges ait été mal vécue par nombre d’entre nous, c’est compréhensible et humain.

Que la société de Limoges ait été dépitée, en plein montage des cages, d’apprendre une telle nouvelle, c’est plus que normal !

Cependant, il faut savoir garder la tête froide, surtout quand les esprits s’échauffent.

L’exposition de Limoges, avec ses 9 300 cages, ses centaines d’éleveurs qui seraient venus d’une quarantaine de départements, était un risque important et tout le monde le savait.

Ce risque, beaucoup d’autres expositions n’ont pas souhaité le prendre. Et c’est pourquoi tous les jours nous recevons des annulations de toutes parts depuis des semaines.

Ces derniers jours, les risques sanitaires ont crû de façon exponentielle, les couvre-feux ont fait leur apparition, preuve que la situation empire.

C’est la SNC qui, la première, a souhaité annuler sa nationale et tirer un trait sur 5 000 pigeons, des éleveurs passionnés et des championnats. Du courage il en a fallu pour prendre une telle décision 5 jours avant l’ouverture de l’expo ! Oui, j’ai bien dit du courage pour affronter la bronca qui allait inexorablement arriver de toute part, du courage pour annuler 12 mois d’organisation, puisque celle-ci reposait aussi sur les épaules de la SNC, du courage pour assumer les frais engagés et à venir !

Peu après, c’est la SCAF, qui a souhaité alerter officiellement les organisateurs du risque encouru.

Lorsque la FFV m’a demandé mon avis sur le maintien de la nationale volailles après l’annulation des pigeons, j’ai écrit à tout le CA de la FFV pour expliquer pourquoi j’estimais, dans l’intérêt sanitaire de tous, qu’il fallait annuler.

Parce que Limoges n’était pas une exposition comme les autres, c’était LA plus grosse exposition avicole de l’année, avec en volailles plus de 3 200 sujets et plus de 20 championnats de France !

Parce qu’il y avait des dizaines d’assemblées générales, et de réunions de toutes sortes. Et si de bonne foi tous les gestes barrières et les précautions étaient prises par les organisateurs, et que la majorité de nos concitoyens les respectaient, il reste une petite minorité d’irréductibles qui auraient fait prendre des risques à la majorité d’entre nous. Pour connaître le milieu avicole depuis 39 ans, il aurait été impossible de maintenir une stricte observance des règles, et vous le savez aussi bien que moi !

D’autant qu’en marge de l’exposition des rapprochements sont couramment réalisés pour le moins sans protection, lorsque l’on sait par exemple que des gîtes de plus de 10 personnes étaient réservés par certains pour faire la fête…

Alors OUI j’ai de nouveau voté pour cette annulation, lorsque la FNJ (Fédération Nationale des Juges) a consulté par mail son conseil d’administration (constitué de 12 membres issus des 3 corps techniques volailles, lapins, pigeons) dès le samedi 17 octobre au soir.

Contrairement à ce qui a été dit, écrit, ou colporté, tout a été décidé collégialement, et par écrit. J’ai d’ailleurs été étonné de retrouver sur le net et les réseaux sociaux des bribes de mes mails (pourtant destinés uniquement au CA de la FFV), preuve que tout était pour ma part clairement énoncé.

On vocifère en indiquant que ce n’était pas aux organismes de tutelle de prendre une décision que la préfecture n’avait pas (encore) prise. Mais l’accord de la préfecture n’exonère en rien la responsabilité pénale des organisateurs en cas de manquement aux règles sanitaires.

Et bien au-delà de cela, aurions-nous dû privilégier nos poules, nos championnats, nos assemblées, pour assouvir notre passion ? NON, je persiste à penser que la vie n’a pas de prix, et ceux qui ont failli la perdre comprennent certainement mieux que les autres, à quel point il convient de la protéger !

Alors oui la décision a été tardive, mais le président de la SNC a pris lui la décision la plus courageuse qui soit et a ouvert la voie !

A tous ceux qui cherchent aujourd’hui des boucs émissaires afin de masquer leur propre peur d’affronter la grogne d’une minorité assourdissante, à tous ceux qui souhaitent en profiter pour régler des comptes, disséminer sur le net de fausses vérités, de basses calomnies, et faire de la toute petite politique avicole dans le but d’en tirer profit, à cette majorité silencieuse qui redoute de s’exprimer, je confirme à tous que vous avez élu des dirigeants qui ont le sens du devoir, et des responsabilités.

J’ai un seul regret, je vous l’accorde, c’est de ne pas avoir su alerter plus tôt la FFV des risques qu’elle faisait peser sur autrui, en maintenant cette nationale.

En la matière, le véritable courage c’est bien celui de préserver des vies, et non celui de préserver des intérêts avicoles, aussi légitimes soient-ils.

Cordialement,

Pierre Delambre