EXPO LIMOGES ANNULEE

Le coup de tonnerre qui a éclaté sous les cieux de l’aviculture, de la colombiculture et de la cuniculture se développe en roulements percutants. Voici maintenant le point de vue du président de la SNC, Anthime LEROY.

A l’attention de tous les exposants Le 18 octobre 2020

Annulation de l’exposition de Limoges.

L’année 2020 a vu se développer dans le monde une épidémie liée à l’apparition d’un nouveau coronavirus. Plus d’un million de personnes ont déjà perdu la vie. Les échanges internationaux sont à l’arrêt. La vie économique, sociale et culturelle est sévèrement touchée. Les vérités d’un jour ne sont plus celles du lendemain. Depuis plusieurs semaines la situation épidémique s’aggrave de nouveau en France, la circulation de la COVID-19 s’accélère de jour en jour de façon exponentielle et le pays vient d’être mis en état d’urgence sanitaire en cette fin de semaine. Le respect rigoureux des gestes barrière ne peut à lui seul empêcher la transmission de la maladie, notamment dans un contexte où les éleveurs seront très nombreux, en provenance de toutes les régions de France, dont celles classées en zones d’alerte renforcée et maximale.

Face à ce constat qui nous est imposé, il est de notre devoir de réfléchir à notre responsabilité d’organisateurs et de dirigeants associatifs. Quelle que soit la valeur de notre loisir et toute la passion que nous pouvons lui témoigner, rien, absolument rien, ne justifie qu’il puisse mettre en danger la santé et la vie de ses différents acteurs. La dimension morale et humaine prime sur toute autre considération.

Nous avons pensé par conséquent que la seule décision raisonnable et sérieuse était d’annuler l’exposition. Nous mesurons parfaitement la difficulté de la prendre, notamment en regard de l’investissement personnel des différents acteurs bénévoles.

La SNC tient à assurer la Syndicat Limousin Avicole et Apicole de sa totale solidarité et le démontrera. Un travail commun considérable a été accompli depuis de longs mois, rejoint ces dernières semaines par celui de la FFV. Il ne restera pas sans suite. Cette annulation, imposée par les évènements, est une nouvelle douloureuse pour tous.

Mais c’est dans ces moments difficiles que notre aviculture doit se réunir de façon lucide et solidaire pour faire face aux évènements présents afin de préserver et préparer l’avenir.

Le président de la SNC

Anthime LEROY

Et maintenant la parole est à Pierre DELAMBRE, juge avicole, qui nous livre son point de vue dans un mail que m’a transmis Thierry DUCHEMIN.

A DIRE VRAI… Le 22 octobre 2020

Bonsoir à toutes et à tous,

Dans ce concert de protestations et ce déluge de fausses vérités, c’est pour moi le moment de vous faire part de mon point de vue.

Que l’annulation de Limoges ait été mal vécue par nombre d’entre nous, c’est compréhensible et humain.

Que la société de Limoges ait été dépitée, en plein montage des cages, d’apprendre une telle nouvelle, c’est plus que normal !

Cependant, il faut savoir garder la tête froide, surtout quand les esprits s’échauffent.

L’exposition de Limoges, avec ses 9 300 cages, ses centaines d’éleveurs qui seraient venus d’une quarantaine de départements, était un risque important et tout le monde le savait.

Ce risque, beaucoup d’autres expositions n’ont pas souhaité le prendre. Et c’est pourquoi tous les jours nous recevons des annulations de toutes parts depuis des semaines.

Ces derniers jours, les risques sanitaires ont crû de façon exponentielle, les couvre-feux ont fait leur apparition, preuve que la situation empire.

C’est la SNC qui, la première, a souhaité annuler sa nationale et tirer un trait sur 5 000 pigeons, des éleveurs passionnés et des championnats. Du courage il en a fallu pour prendre une telle décision 5 jours avant l’ouverture de l’expo ! Oui, j’ai bien dit du courage pour affronter la bronca qui allait inexorablement arriver de toute part, du courage pour annuler 12 mois d’organisation, puisque celle-ci reposait aussi sur les épaules de la SNC, du courage pour assumer les frais engagés et à venir !

Peu après, c’est la SCAF, qui a souhaité alerter officiellement les organisateurs du risque encouru.

Lorsque la FFV m’a demandé mon avis sur le maintien de la nationale volailles après l’annulation des pigeons, j’ai écrit à tout le CA de la FFV pour expliquer pourquoi j’estimais, dans l’intérêt sanitaire de tous, qu’il fallait annuler.

Parce que Limoges n’était pas une exposition comme les autres, c’était LA plus grosse exposition avicole de l’année, avec en volailles plus de 3 200 sujets et plus de 20 championnats de France !

Parce qu’il y avait des dizaines d’assemblées générales, et de réunions de toutes sortes. Et si de bonne foi tous les gestes barrières et les précautions étaient prises par les organisateurs, et que la majorité de nos concitoyens les respectaient, il reste une petite minorité d’irréductibles qui auraient fait prendre des risques à la majorité d’entre nous. Pour connaître le milieu avicole depuis 39 ans, il aurait été impossible de maintenir une stricte observance des règles, et vous le savez aussi bien que moi !

D’autant qu’en marge de l’exposition des rapprochements sont couramment réalisés pour le moins sans protection, lorsque l’on sait par exemple que des gîtes de plus de 10 personnes étaient réservés par certains pour faire la fête…

Alors OUI j’ai de nouveau voté pour cette annulation, lorsque la FNJ (Fédération Nationale des Juges) a consulté par mail son conseil d’administration (constitué de 12 membres issus des 3 corps techniques volailles, lapins, pigeons) dès le samedi 17 octobre au soir.

Contrairement à ce qui a été dit, écrit, ou colporté, tout a été décidé collégialement, et par écrit. J’ai d’ailleurs été étonné de retrouver sur le net et les réseaux sociaux des bribes de mes mails (pourtant destinés uniquement au CA de la FFV), preuve que tout était pour ma part clairement énoncé.

On vocifère en indiquant que ce n’était pas aux organismes de tutelle de prendre une décision que la préfecture n’avait pas (encore) prise. Mais l’accord de la préfecture n’exonère en rien la responsabilité pénale des organisateurs en cas de manquement aux règles sanitaires.

Et bien au-delà de cela, aurions-nous dû privilégier nos poules, nos championnats, nos assemblées, pour assouvir notre passion ? NON, je persiste à penser que la vie n’a pas de prix, et ceux qui ont failli la perdre comprennent certainement mieux que les autres, à quel point il convient de la protéger !

Alors oui la décision a été tardive, mais le président de la SNC a pris lui la décision la plus courageuse qui soit et a ouvert la voie !

A tous ceux qui cherchent aujourd’hui des boucs émissaires afin de masquer leur propre peur d’affronter la grogne d’une minorité assourdissante, à tous ceux qui souhaitent en profiter pour régler des comptes, disséminer sur le net de fausses vérités, de basses calomnies, et faire de la toute petite politique avicole dans le but d’en tirer profit, à cette majorité silencieuse qui redoute de s’exprimer, je confirme à tous que vous avez élu des dirigeants qui ont le sens du devoir, et des responsabilités.

J’ai un seul regret, je vous l’accorde, c’est de ne pas avoir su alerter plus tôt la FFV des risques qu’elle faisait peser sur autrui, en maintenant cette nationale.

En la matière, le véritable courage c’est bien celui de préserver des vies, et non celui de préserver des intérêts avicoles, aussi légitimes soient-ils.

Cordialement,

Pierre Delambre

A PROPOS…DU BIEN-ÊTRE ANIMAL

Notre époque fait face à de nombreux défis. En cette période de pandémie le questionnement sur la place de l’Homme dans la chaîne du Vivant n’est pas l’un des moindres. Le sujet harcèle nos cerveaux depuis des siècles, des millénaires sans doute. Les mouvements écologistes actuels le portent sur le devant de la scène. Des écrivains de renom publient des ouvrages suscitant la réflexion. Je pense par exemple à ce titre de l’Académicien Erik Orsenna : « Cochons – Voyage aux pays du Vivant » dont je recommande la captivante lecture à tous ceux qui sont passionnés par les interactions entre l’homme et l’animal.

Bonne lecture, Guy.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire l’article.

CONFINEMENT

Voici Pierre. Le confinement l’inspire et, en même temps, il rend hommage à Juliette GRECO qui nous a quittés il y a peu. Le confinement, il en redemande, vous croyez ça vous ?

«De nouveau Confinez-moi »

 De nouveau confinez-moi, confinez-moi

Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite

Sachez être attentionné

De nouveau confinez-moi, confinez-moi

Mais ne soyez pas radicalisé comme nos Hippocrates

Et d’abord du discernement

Tout le temps de la réflexion

Ne doit pas être bref, ni affligeant

Informez-moi au mieux

Mais avec retenue

Pour que je m’habitue peu à peu.

De nouveau confinez-moi, confinez-moi

Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite

Sachez m’anesthésier, me manipuler, me formater

De nouveau confinez-moi, confinez-moi

Avec délicatesse, persuasion et conviction

Choisissez bien les mots

Exprimez bien vos intentions

Ni trop apathiques, ni trop pléthoriques pour mon cerveau

Voilà, ça y est, je suis

Convaincu et adepte

Grâce à votre talent pour propager la peur, allez-y

De nouveau confinez-moi, confinez-moi

Maintenant tout de suite, allez vite

Sachez me priver, de ma liberté, de ma libre pensée, me consumer

De nouveau confinez-moi, confinez-moi

Conduisez-vous en dictateur

De nouveau confinez-moi, confinez-moi

Et vous…. Confinez-vous !

Pierre HERRMANN

Parodie de la chanson de Juliette GRECO  « Déshabillez- moi » sortie en 1967 et enregistrée le 26 Juin 1967.

Auteur – Robert NYEL ; Compositeur – Gaby VERLOR

LE BIEN-ETRE

Yves ABATE, toujours très proche de ses animaux, nous livre une réflexion susceptible d’intéresser nombre de lecteurs. Jusqu’où peut-on aller trop loin ? A chacun de réagir.

J’écris cet article après avoir acheté un magnifique trio de poules naines Hollandaises huppées à la Ferme de Beaumont, de très bonne qualité et en pleine santé.

Cette année, toutes mes poules naines sont mortes sans que j’en connaisse la cause. Peut-être un ami de notre Covid 19 ou une autre saleté ! C’est pour cela que j’en ai racheté.

Pour nous, éleveurs amateurs, la réussite dépend avant tout du bien-être de nos pensionnaires.

Tout être vivant aspire à du bien-être pour s’épanouir durant son passage sur terre.

Hélas, il n’y en a pas beaucoup qui ont la chance de connaître cela. Quand je vois l’humanité, avec ses 7 milliards d’hommes, avec ses peuples soumis par des tyrans, ses peuples mis dans des camps de réfugiés, ses peuples qui manquent d’eau, de nourriture, d’espoir, je me trouve bien privilégié.

Pour les « bien-pensants », la mode est actuellement la lutte pour le bien-être animal. Je le vois pendant nos expositions, lorsque des gens bien intentionnés mais ne connaissant rien ni aux animaux ni à l’élevage s’offusquent devant mon gros canard en cage et pensent qu’il a une vie d’esclave cloîtré alors que, le lundi matin, il retrouve son amour de cane et son environnement paradisiaque dans le paysage verdoyant de mon étang.

Bien sûr que ce n’est pas le cas des élevages industriels, mais je ne crache pas non plus sur un bon magret grillé de canard dans mon assiette ! Il y a toujours des excès pour lesquels il faut s’opposer, mais ne tombons pas dans les extrêmes.

Pour vivre le bien-être, il faut se sentir bien dans son corps, dans sa tête et dans son milieu environnemental. Les religions, avec la foi, permettent parfois d’atteindre ce bonheur.

Pour en revenir à mon trio d’Hollandaises huppées, lorsque je les ai lâchées dans le parc que je leur avais aménagé, j’ai été surpris de constater qu’elles n’avaient aucun instinct sauvage. Elles restaient toutes trois ensemble à manger leurs graines sans s’occuper de leur environnement. En les prenant dans la main, je me suis aperçu que leur magnifique huppe blanche retombait sur leurs yeux et leur vision se limitait au-dessous de leur bec. Cela m’a rappelé l’horreur que j’avais eue, étant enfant, quand j’avais vu un autre enfant se vanter d’avoir apprivoisé un merle qu’il tenait sur son doigt, alors qu’il lui avait crevé les deux yeux. C’est depuis ce moment que je sais que l’homme peut être insensible et capable de toutes les atrocités.

J’ai tout de suite pris des ciseaux et coupé toutes les plumes qui gênaient leur vison et elles ont retrouvé un comportement normal. Depuis le coq n’arrête plus de chanter.

Non, on peut se faire plaisir, mais il ne faut pas que cela influe sur le bien-être d’autrui.

En tant qu’éleveur, je pense qu’il est bien d’améliorer le type des animaux que l’on utilise, pour son plaisir ou pour se nourrir, mais il ne faut pas en faire des monstres qui souffrent de handicaps toute leur vie et n’ont plus de bien-être.

Restons vigilants, sensibles et responsables.

Yves ABATE

DES VERBES tombés dans l’oubli ?

Je viens de trouver ce texte. Il me permet de mesurer mon ignorance mais m’apporte de jolis mots que je savoure. Alors je partage… Peut-être certains d’entre vous trouveront-ils autant de plaisir que moi à cette lecture ? C’est du moins ce que je souhaite. Guy.

Sais-tu que… Le chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache ? Que l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage. Que les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse.Que la grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse.Et que le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit, l’âne braie, mais le cerf rait.Que le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille, brame la biche quand le loup hurle.

Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ?

Que si le canard nasille, les canards nasillardent, que le bouc ou la chèvre chevrote, que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte, que le paon braille et que l’aigle trompette ?…

Sais-tu encore… que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse, la corneille corbine, et que le lapin glapit quand le lièvre vagit ?

Tu sais tout cela ? Bien.

Mais sais-tu que l’alouette grisolle ? Tu ne le savais pas ? Et, peut-être, ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse ? C’est excusable ! Ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère.

Tu ne sais pas non plus (peut-être) que la huppe pupule. (Et je ne sais pas non plus si on l’appelle en Limousin la pépue parce qu’elle pupule ou parce qu’elle fait son nid avec de la chose qui pue.

Qu’importe ! Mais c’est joli : la huppe pupule !

Et encore, sais-tu que la souris, la petite souris grise… Devine !? La petite souris grise chicote ! Hé oui ! Avoue qu’il serait dommage d’ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir, que le geai cajole ou que la mésange zinzinule! Comme la fauvette d’ailleurs !

Auteur : Fernand Dupuy « L’Albine : scènes de la vie en Limousin et en Périgord vert ».

AU FIL DES LECTURES – CURIOSITES.

Un article de Michel Feltin-Palas retient mon attention. Je pense que certains d’entre vous pourront être intéressés par ces précisions concernant l’origine des noms de certains animaux que nous sommes susceptibles d’élever ou au moins de côtoyer.

Canari.

Quel est le rapport entre un canari et un chien ? Curieuse question en apparence, et pourtant… Au premier siècle avant Jésus-Christ le roi Juba de Numidie (actuelle Afrique du Nord) débarqua dans un archipel espagnol où il fut frappé par la présence de chiens gigantesques. Il appela donc cette île « l’île aux chiens », chien se disant en latin « canis ». Ce furent donc les îles Canaries.

Par la suite on trouva sur ces îles une multitude de petits serins que l’on appela tout naturellement « canaris ». Qui eut cru qu’il y eût un rapport entre un chien et un canari ?

Histoire de Dinde et de Pintade

La dinde est venue en Europe par les conquistadores qui l’ont ramenée au XVI° siècle du Mexique. Mais à cette époque les navigateurs pensaient avoir rejoint les Indes alors qu’ils découvraient, sans le savoir, un continent inconnu d’eux, l’Amérique. Cet animal fut donc baptisé « poule d’Inde » puis simplement « dinde ».

Quant à la pintade elle a longtemps aussi été appelée « poule d’Inde » ou même « géline d’Inde ». Remarquons que le mot « géline » a la même racine que « gallinacé ». En réalité la pintade est originaire d’Afrique du Nord (antique Numidie comme nous l’a appris le canari) et elle a été importée par les Grecs et les Romains. Comment l’appelait-on à cette époque ? Je ne sais. Au Moyen-Age elle fut nommée « poule d’Inde » puis « poule du pharaon ». Et ce n’est que lorsqu’un navigateur vénitien au service du Portugal en ramena en Europe qu’elle prit le nom de « pintade », nom venant du portugais « pintada » qui signifie « peinte » du fait des couleurs de son plumage. Elle fait partie de la famille des Numididae en rapport avec son pays d’origine mais est parfois placée dans la famille des phasianidae.

Si ce petit article vous a intéressé n’hésitez pas à cliquer sur « commentaire » pour le faire savoir. D’avance merci.

Guy

TOUT SAVOIR SUR LES PIGEONS

Éleveurs de pigeons vous présentez de nombreuses races et variétés de pigeons dans les expositions. Pour les non spécialistes comme moi il est difficile de s’y reconnaître.

J’ai donc appelé Gilles au secours. Complétant ses connaissances par des recherches approfondies il m’a envoyé le précieux document que vous pouvez ouvrir en cliquant sur le lien. Je peux y voir un peu plus clair. Le fait de les classer en catégories est une simplification. Mais les noms donnés ne me parlent pas tous vraiment. Je fais donc appel à vous tous, éleveurs spécialistes. Pourriez-vous m’envoyer 3 choses qui permettraient de produire des articles instructifs sur notre site :

1- Une ou des photos des pigeons que vous élevez avec le nom de la race, les caractéristiques de la variété.

2- Le nom de la catégorie à laquelle ils appartiennent ainsi que des explications me permettant de comprendre pourquoi votre pigeon est un pigeon de forme ou un pigeon de couleur ou bien encore un boulant ou …

3- Éventuellement il serait intéressant que vous développiez les raisons pour lesquelles vous vous êtes passionné pour la race que vous présentez.

Merci infiniment pour votre participation. Je rappelle mon adresse mail :

gc.sabg@gmail.com

Et voici le catalogue réalisé par Gilles, il vous suffit de cliquer sur le lien pour l’ouvrir.

FORTES CHALEURS : précautions à prendre dans nos élevages.

Le réchauffement climatique inquiète à juste titre nombre de nos contemporains. Ses effets sur la vie quotidienne concernent beaucoup de gens. Jardiniers, agriculteurs sont aux premières loges mais beaucoup d’autres actifs ou anciens actifs qui, ayant atteint un âge avancé, souffrent dans leur corps des excès de chaleur. Pour nous, éleveurs, nous constatons des conséquences néfastes sur nos protégés et nous sommes dans l’obligation de trouver des solutions pour leur permettre de sortir saufs et en bonne santé de ces périodes éprouvantes pour tous les organismes.

« COUP DE CHALEUR » et « PERIODE DE CHALEUR »
Le coup de chaleur est une exposition à des températures anormalement élevées mais limitée dans le temps et compensée par des périodes plus fraîches, en particulier la nuit, permettant une certaine récupération. La période de chaleur consiste en une exposition chronique sans période fraîche.  

CONDUITE A TENIR
Dans les grands élevages professionnels des dispositions particulières doivent être observées dès la conception des bâtiments d’élevage. Isolation, orientation, aération, brasseurs d’air et extracteurs, moyens de brumisation… tout doit être prévu dans le détail par ces exploitants qui gèrent des populations importantes d’animaux ce qui augmente encore les risques de mortalité et, en tout cas, peut nuire gravement à la qualité des produits. En ce qui nous concerne, éleveurs amateurs dont les élevages sont plus modestes, nous ne sommes pas pour autant dispensés de nous préoccuper de fournir à nos protégés les conditions de vie capables de leur assurer confort et croissance harmonieuse. Sachant que les volailles recherchent la fraîcheur en se couchant sur le sol on veillera à réduire la quantité de litière pour diminuer la fermentation. En ce qui concerne la nourriture on limitera le dégagement de chaleur dû à la consommation d’aliments en ne distribuant pas les rations juste avant et pendant le coup de chaleur. On attendra que la température ait suffisamment baissé pour réalimenter. Bien sûr on laissera à disposition du cheptel de l’eau fraîche que l’on renouvellera régulièrement. Il peut être utile de recourir à une supplémentation en vitamine C. Autre point important : le statut sanitaire des volailles. En effet les infections bactériennes chroniques rendent les animaux plus sensibles aux accidents de coups de chaleur. Il est donc indispensable d’être encore plus vigilant qu’à l’accoutumée quant à l’état sanitaire de l’élevage.
PARTICULARITES CONCERNANT LE LAPIN  
Dès que la température dépasse 26° le lapin est obligé de lutter. Comment ? En respirant rapidement et en dilatant les vaisseaux de ses oreilles pour éliminer la chaleur latente. Les grandes chaleurs entraînent une acidose métabolique conduisant à la mort. Autres conséquences :
-baisse de la consommation alimentaire (d’où diminution de la lactation, mauvais état général, croissance des jeunes ralentie)
-perturbation de la reproduction (baisse de l’ardeur sexuelle des mâles, moindre qualité du sperme, baisse de la réceptivité des femelles, mises bas perturbées, mort-nés)
Que faire ? D’abord favoriser tout ce qui est de nature à diminuer la température ambiante dans l’habitat du lapin (ombrages, ventilation…) Ensuite stimuler l’appétit autant que possible. Veiller à ce que les animaux puissent s’abreuver en permanence avec une eau fraîche de qualité fréquemment renouvelée. Le vétérinaire peut être amené à prescrire des vasodilatateurs périphériques, des injections d’étiléfrine les jours de mise bas, une couverture d’antibiothérapie à l’automne pour prévenir les accidents sanitaires survenant avec les changements de température et d’humidité.
Guy Couespel— Documents de référence : 1– La France agricole 2– Maladies des volailles (Guérin-Balloy-Villate) 3-Maladies des lapins (Samuel Boucher—Loïc Nouaille)

LE LAPIN : le connaissons-nous bien ?

Qui ne connaît Jeannot Lapin ? Les habitants des cités les plus urbanisées ont tous une représentation mentale de ce petit animal. Dès le berceau chacun l’a côtoyé. C’était le doudou de Bébé puis l’un des premiers animaux dessinés dans les bestiaires offerts aux tout petits. Mais tout le monde se rend-il compte de la variété des races existantes ? Un lapin bélier avec ses oreilles qui retombent est-il conforme à l’idée de lapin que tout un chacun se fait ?

Pour faire plus ample connaissance voici quelques remarques glanées dans un ouvrage de Jean ROUGEOT intitulé « Origine et histoire du lapin ». Vous pouvez lire l’intégralité de ce texte en tapant ce titre et le nom de l’auteur sur votre moteur de recherche préféré.

Depuis Linné (XVIII° siècle) le lapin de garenne ou lapin sauvage ainsi que toutes les races domestiques qui en sont dérivées est considéré comme une sorte de lièvre (lagos) capable de creuser, d’être un fouisseur (oryktès) d’où son nom : « Oryctolagus cuniculus ». Il fait partie de l’ordre des Lagomorphes différent de celui des Rongeurs car il possède au maxillaire supérieur une deuxième paire d’incisives. Contrairement à ce qu’on croit généralement le lapin n’est pas un Rongeur (=il ne fait pas partie de cette famille comme les souris) bien qu’il soit un animal rongeur (=capable avec ses dents de ronger ses aliments). Autre différence avec les Rongeurs : il est strictement herbivore (à l’origine). Et, à l’instar des ruminants, sa digestion se fait en plusieurs temps, deux en l’occurrence. Il produit deux séries de crottes. Les premières sont molles et luisantes et sont prélevées par l’animal au sortir de l’anus. Cette cæcotrophie lui permet de récupérer un maximum d’éléments nutritifs (vitamine B en particulier). Les crottes définitives sont sèches et dures. Une autre caractéristique le différencie des Rongeurs : c’est l’absence de baculum (os pénien). Dans ce domaine il est plus proche de l’espèce humaine que des Rongeurs.

Par rapport au lièvre (genre Lepus), le lapin (genre Oryctolagus) a des oreilles plus courtes que la tête et un iris plus brun. L’ongle de ses orteils n’est pas fendu. La musculature est blanche alors que le lièvre a une viande rouge. La gestation est moins longue (30 jours contre 40 chez la hase). Ses petits naissent nus et aveugles contrairement à ceux de la hase. De plus la hase est capable de superfétation (implantation d’une nouvelle grossesse dans un utérus qui contient déjà une grossesse en développement). Cette particularité est due à son utérus qui présente deux cornes séparées. En outre le lapin possède 44 chromosomes contre 48 pour le lièvre ce qui nous amène à penser qu’il s’agit bien de deux espèces différentes.

Le berceau du lapin se situe bien sur le pourtour de la Méditerranée occidentale. C’est une espèce très sédentaire. Les lapins ont été connus des Romains de l’Antiquité au cours de leurs contacts avec les Ibères (populations antiques vivant sur la côte méditerranéenne de l’actuelle Espagne). D’après Pline l’Ancien, auteur latin, les Romains ont goûté à un mets apprécié des Ibères qu’ils ont à leur tour adopté. Il s’agit des laurices, c’est à dire des fœtus de lapins ou des tout nouveau-nés qui étaient consommés entiers.

Ce n’est pourtant qu’au Moyen-Age qu’a débuté la véritable domestication du lapin dans des garennes. En temps de Carême les moines faisaient eux aussi leurs délices des laurices. Ces gourmands s’arrangeaient avec le ciel pour contourner l’interdiction de consommation de viande en affirmant que les laurices étaient des animaux aquatiques car vivant dans le liquide amniotique !

Jusqu’au XIX° siècle l’élevage ne fut pratiqué qu’en garennes. A cette époque débuta l’élevage en clapiers et enfin, vers la moitié du XX° siècle se répandit l’élevage industriel.

On voit aujourd’hui de moins en moins de petits élevages familiaux pour la consommation de viande. Mais des passionnés, dans les associations comme la nôtre, travaillent avec rigueur la sélection pour produire et entretenir de magnifiques races nouvelles.

Guy