YVES ABATE RÉAGIT A L’ACTUALITÉ

Outre le commentaire d’Yves Abate que j’ai publié sous mon nom, j’ai reçu un texte du même auteur que vous trouverez ci-dessous.
Une émotion bien compréhensible, et souvent partagée, conduit à réagir simultanément aux deux points d’actualité présentés dernièrement, à savoir le décret d’application de la loi sur le bien-être animal et les mesures prises dans les élevages atteints par l’influenza aviaire.
Certes, l’attitude de nombre de nos contemporains témoigne d’un grand manque de connaissance des réalités du monde animal et de la nature en général. Le monde est devenu un monde de citadins en rupture avec ses racines originelles. La vie dans les cités est également source de tensions sociales qui ont des répercussions sur l’état psychologique des individus. Ainsi, peut-être, s’expliquent, en partie du moins, les relations à l’animal qui sont du même ordre que celle du bébé avec une peluche. C’est du même ordre mais avec un sens tout différent quand il s’agit d’adultes.
Ce que souligne Yves est juste quand il dit que la nouvelle loi nuira aux intérêts des vendeurs d’animaux. Tout comme elle rendra difficile les ventes ou les échanges dans le cadre des expositions associatives. Tout cela, sans doute, parce que notre société est malade d’une maladie pourtant curable si l’on prenait soin, dès le plus jeune âge, de proposer une éducation à la nature, à l’environnement, à la responsabilité.
Les discussions, les débats vont pouvoir aller bon train. Et les passions se déchaîner.
Peut-être vaut-il mieux ne pas traiter ensemble le sujet de ce décret et les problèmes sanitaires. Pour autant que j’aie pu m’en rendre compte, le décret n’aborde pas le sujet des usines d’élevage qui me paraît plus important quand on se préoccupe de bien-être animal. Mais on peut s’attendre à ce que le sujet soit traité dans d’autres décrets. Je pense que c’est aller un peu vite en besogne que d’affirmer que les gens ne veulent plus côtoyer d’animaux comme de dire que les hommes dont le nombre augmente sur la planète veulent éliminer les animaux pour garder une certaine suprématie. C’est également aller un peu loin, me semble-t-il, que d’affirmer que l’on trouve du plaisir à faire souffrir l’animal. Certes des comportements anormaux existent mais ne sont pas une règle générale et sont le fait de personnes qui requièrent des soins adaptés.
Ces quelques réflexions pour introduire le texte d’Yves que je remercie. Mais je tenais à introduire et nuancer tout en comprenant que l’émotion a pu entraîner très loin la plume de l’écrivain. Et mon souhait, pour conclure, c’est qu’un large débat puisse s’instaurer entre les lecteurs. Alors, chers lecteurs, à vos claviers !

Le 27 août 2022

Oui, elle s’est mise en route avec célérité
La machine à laver de la S.A.B.G.
Des sourires aux lèvres et les manches retroussées
Ils étaient heureux de se retrouver
Et la vaisselle a été bien vite récurée.
Des lapins, poules ou pigeons les gobelets
Sont propres pour la prochaine expo affronter.

Cliquez sur le lien ci-dessus et vous découvrirez un Conseil d’Administration en pleine réflexion !

Mais attention ! Malheureusement la photo ne montre qu’une partie des travailleurs du jour, sans doute la moins importante à l’image de l’iceberg dont on ne voit que le sommet émergé. Pendant que les hommes bavardent en compagnie de Christine, les dames préparent le repas et les boissons qui étancheront les soifs les plus intenses.
Merci à Paulette qui, bien que n’ayant pu venir, nous a fait parvenir de délicieuses gourmandises. Merci à Andrée, Claudine, Geneviève, Georgette, Jacqueline, Marie-Antoinette grâce à qui nous avons pu nous restaurer agréablement.

BIEN-ÊTRE ANIMAL ET RÉGLEMENTATION

Préoccupation pas très éloignée de celle d’Yves Abate, celle de Pierre Herrmann nous appelle à une vision réaliste mais pas vraiment optimiste de notre avenir d’éleveurs amateurs. Je lui laisse la parole.

Un article sur la réglementation paru sur la newsletter de Gamm vert.

Toujours de la contrainte, encore de la contrainte et, à mon humble avis, ce n’est pas terminé pour les modestes éleveurs que nous sommes. Le découragement est à l’horizon avec, pour conséquence, la baisse notoire du nombre de nos éleveurs à  notre exposition.  C e n’est pas du pessimisme mais du réalisme…!

IL N’Y A QUE LA VOLAILLE QUI M’AILLE…. ! MAIS ATTENTION A LA FLICAILLE…. !

Posséder un poulailler avec quelques poules devient une vraie tendance, qui joint le plaisir de la compagnie des gallinacées aux avantages de produire sa propre nourriture. Mais il est nécessaire de respecter quelques règles, autant en terme de nuisances vis à vis du voisinage, que de l’urbanisme et autres règles environnementales et sanitaires.

Les règles juridiques. Il n’existe pas de règle concernant la distance minimale entre un poulailler et la limite de votre terrain. Néanmoins, les nuisances sonores restent interdites à tout un chacun : « Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public  ou privé, qu’une personne  en soit elle-même à l’origine ou que ce soit par l’intermédiaire d’une personne, d’une chose dont elle a la garde ou d’un animal placé sous sa responsabilité. » ( Code de la santé publique, article R1334-31 ). De plus, comme avec tout animal de compagnie, c’est votre responsabilité civile qui est engagée en cas de problème dû à vos poules : « Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé ». ( Code civil, article 1243). Vos poules ne doivent pas sortir de votre propriété, que ce soit pour se promener sur la voie publique ou pour picorer dans la pelouse du voisin.

Les nuisances olfactives « peuvent être considérées comme un trouble anormal de voisinage ». « Les installations renfermant des animaux vivants, notamment les clapiers, poulaillers et pigeonniers, doivent être maintenues constamment en bon état de propreté et d’entretien. Ils sont désinfectés aussi souvent que nécessaire. Les fumiers doivent être évacués en tant que de besoin pour ne pas incommoder le voisinage ». ( Code de la santé publique-Article 26 du règlement sanitaire général )

Quelques règles de bon voisinage. Pour faciliter les choses avec vos voisins, parlez leur de votre projet, une fois lancé, proposez leur des œufs . Pour éviter toute nuisance, grillagez votre enclos pour garder vos poules à l’intérieur et, bien sûr, pas de coq !! — Un nettoyage régulier du poulailler et des éléments qu’il contient évitera les nuisances olfactives. Pensez également à la fiente de vos poules. Si vous la gardez pour fertiliser votre jardin : placez-la de façon à ce que l’odeur ne puisse pas gêner le voisinage.

Les règles d’urbanisme. Renseignez vous auprès de la Mairie de votre commune, afin de savoir s’il existe ou pas un arrêté municipal concernant l’installation de poulaillers. Un poulailler est soumis aux mêmes règles dans sa construction que les abris de jardin.

Surface de plancher et emprise au sol inférieure ou égale à 5 m². Hauteur inférieure ou égale à 1,80m. Pas d’autorisation mais déclaration préalable de travaux

Surface de plancher et emprise au sol sont entre 5 et 20 m² Hauteur inférieure ou égale à 1,80 m Déclaration préalable de travaux Permis de construire

Attention : Dans un lotissement ou encore une copropriété, le règlement intérieur doit également être consulté.

Les règles de respect des êtres vivants La règlementation française impose également un code de « bonne conduite » envers les animaux, qui interdit l’exercice de mauvais traitements et demande à chaque propriétaire d’animaux de placer chacun  « dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce  ( Article L 214-1).

Les règles du code rural et de la pêche maritime L’élevage de volailles est autorisé pour tous, si ça reste élevage d’agrément, pour un usage domestique donc, c’est-à-dire la consommation personnelle d’œufs et/ ou de la chair. Un particulier n’a donc pas le droit de vendre le produit de son élevage. Un élevage sera considéré comme professionnel si le nombre de gallinacées atteint les 50 individus de plus de 30 jours, et il doit être déclaré aux services compétents. Depuis 2006, tout propriétaire d’oiseau est tenu de le déclarer à la Mairie de sa commune. « Tout détenteur d’oiseaux est tenu d’en faire la déclaration auprès du maire du lieu de détention des oiseaux en renseignant la fiche figurant à l’annexe 1 du présent arrêté ». (Arrêté du 24 février 2006 relatif au recensement des oiseaux détenus par toute personne physique ou morale en vue de la prévention et de la lutte contre l’influenza aviaire – Article 1)

Conclusion

Toujours plus de règlementation, d’entraves, c’est le leitmotiv de ceux qui veulent  nous éliminer du monde de l’élevage, nous modestes éleveurs loin des mille vaches et dont le seul but est d’être en adéquation avec la nature  et nos animaux  qu’avant tout nous  cajolons. Alors bravo à ceux qui persistent malgré ces entraves permanentes, parfois décourageantes, qui, surtout, ne doivent pas nous faire reculer.

Pierre HERRMANN

LA CAUSE ANIMALE – Réflexions d’un adhérent

Yves Abate est de retour. Comme à son habitude, il nous livre des réflexions sur des sujets de notre temps, sujets qui deviennent de plus en plus épineux. J’ai un peu tardé à mettre son texte en ligne et je le prie de m’en excuser.

Chez moi, les rats sont une calamité ! Ils me détruisent tout, mes volières, mes oiseaux et au moins 10% de la nourriture que je dépense ! On m’a dit que leur prolifération augmentait à cause des interdictions de l’usage de poisons très forts et efficaces. Les temps changent et maintenant le rat est une chance pour l’humanité, non, pardon, pas le rat, mais le surmulot. Il ne faut plus parler avec des noms qui ont des interprétations négatives. Le langage de notre enfance a changé. Les handicapés physiques sont des gens à mobilité réduite, les prédateurs sont des animaux pouvant occasionner des dégâts, les nègres sont des gens de couleur et maintenant les rats sont des surmulots. Voici un article à ce sujet, article qui m’a fait sourire faute d’en pleurer !

Les rats

A Paris, ne dites plus «rat», mais «surmulot» : une élue appelle à «agir différemment» à l’égard des rongeurs

Interpellée par un élu d’opposition sur la prolifération des rongeurs dans la capitale, Douchka Markovic, représentante du Parti animaliste au Conseil de Paris, a invité jeudi à repenser la place du rat dans la ville, suscitant des réactions contrastées.

Le surmulot des villes et le surmulot des champs… Douchka Markovic, conseillère de Paris sous la bannière du Parti animaliste, a suscité une myriade de réactions, ce jeudi, en prononçant un discours visant à légitimer la place des rats dans la ville. Des rats « que je préfère nommer surmulots », explique-t-elle d’emblée, « moins connoté négativement ».

Interrogée par un élu d’opposition sur « l’augmentation du nombre de rats sur l’espace public », Douchka Markovic, également déléguée auprès du maire du 18e chargée de la condition animale, reconnaît que « les actions menées jusqu’à maintenant ne fonctionnent pas et sont très coûteuses ». Néanmoins, dit-elle, une nouvelle manière de traiter ces envahissants rongeurs pourrait consister à leur laisser la place qu’ils méritent dans les rues.

Pour la conseillère, l’utilité des rats est supérieure aux dégâts qu’ils sont susceptibles de causer. « Un premier bilan est déjà de constater le rôle joué par les surmulots au quotidien dans les égouts avec l’évacuation de plusieurs centaines de tonnes de déchets et le débouchage de canalisations », argue-t-elle. En ce sens, les rats sont, poursuit Douchka Markovic, « nos auxiliaires de la maîtrise des déchets. » Quelques huées se font entendre dans l’assemblée.

Une cohabitation entre l’homme et le rat ? L’élue veut y croire. « Nous devons changer de paradigme, nous devons nous interroger sur de nouvelles méthodes efficaces et non létales, défend-elle. Nous devons nous interroger sur les surmulots et leurs manières de vivre, mieux les connaître afin de trouver des méthodes efficaces et éthiques. »

Douchka Markovic propose pour cela des expérimentations qui mettent davantage l’accent sur le nettoyage de la ville que sur la traque des rats. « Un rapport scientifique sera rédigé » à l’issue de ces études, qui devra s’accompagner d’un « bouchage des trous permettant aux surmulots de remonter dans les immeubles » ainsi que de « la pose des grilles dans certains endroits ».

Une prise de parole « lunaire », a jugé en réaction le conseiller d’opposition Paul Hatte qui avait mis le sujet sur la table au Conseil. Sympathisants, élus de droite et défenseurs du mouvement #SaccageParis estiment aussi la prise de position de l’élue animaliste surréaliste, quand certains internautes préfèrent s’en amuser.

Qu’elle plaise ou non, la proposition de Douchka Markovic n’appelle pas, a priori, à l’immobilisme. Elle suggère de rester attentif au bien-être animal en s’attardant sur des études scientifiques. « Un peu facile d’ignorer les solutions proposées pour mettre en avant les propos les plus simples à caricaturer », juge un partisan de la cause animaliste qui prend sa défense sur Twitter, au milieu d’un flot de critiques.

ASSEMBLÉE GENERALE 2022

Notre assemblée générale annuelle s’est tenue, comme prévu, le 2 juillet au Châtelet-en-Brie. Je n’ai malheureusement pas pu m’y présenter mais rendrai compte de son déroulement à partir des divers documents et témoignages que me feront parvenir les participants. Je les en remercie de tout cœur.

Les premiers échos qui me sont parvenus font état d’une belle réussite. J’adresse donc toutes mes félicitations à tous ceux qui ont fait le déplacement dans ce berceau de notre association. J’ai une pensée particulière pour les organisateurs, en particulier pour Pierre qui a bondi sur l’occasion, avec toute l’énergie et la ténacité qu’on lui connaît, pour organiser une fête à l’occasion du quarantième anniversaire de la S.A.B.G. Certes notre association, coquette, ne veut pas reconnaître son âge véritable puisqu’elle est née en 1981. Mais les restrictions sanitaires nous ont obligés à repousser d’une année les festivités prévues.

DISCOURS DU PRÉSIDENT GILLES POUR LES QUARANTE ANS DE LA S.A.B.G.

Mesdames, Messieurs, chères adhérentes, chers adhérents,

II y a 40 ans, 41 plus précisément, naissait la S.A.B.G. sous l’impulsion de ses fondateurs Jean Passerieux, Guy Vernhes et de tous ceux qui leur ont succédé.

Une année s’est écoulée depuis cet anniversaire. Anniversaire que nous n’avons pu fêter dignement pour les raisons que chacun connaît.

Depuis sa naissance notre association a été témoin de nombreuses et profondes évolutions de notre monde.

 Il y a 40 ans nous nous représentions encore les paysans, dans leurs fermes, pratiquant la polyculture et les élevages de dimensions modestes.

 Ils dessinaient les paysages en respectant au mieux la nature.

 Mais l’agriculture s’est transformée.

Le besoin de nourrir une population de plus en plus importante et les progrès techniques ont modifié profondément les paysages ruraux.

La déforestation, la suppression des haies, les labours profonds, les intrants chimiques tant sous forme de produits phytosanitaires que d’engrais, s’ils ont permis une augmentation sans précédent des rendements, sont petit à petit remis en cause.

Le regard porté sur la nature, les changements climatiques, les atteintes à la biodiversité…  entraînent la nécessité de modifier des comportements.

C’est pourquoi apparaissent l’agriculture raisonnée, les cultures dites « bio »,  l’écologie,  la permaculture,  de nouvelles lois concernant le bien-être animal,  un vocabulaire nouveau pour traduire des notions nouvelles (sentience),  le végétarisme, le véganisme…

 Tout cela vient troubler plus ou moins les habitudes, les certitudes qui s’étaient transmises d’éleveur amateur à éleveur amateur depuis 40 ans.

Les institutions humaines se sont transformées aussi. L’adhésion des populations aux religions, aux syndicats, aux partis politiques, aux associations, semble de moins en moins importante.

Et pour nous, qu’en est-il ?

Les derniers événements sanitaires, tant humains (Covid-19) qu’animaux (Influenza aviaire) ne nous ont évidemment pas aidés.

 Les partis politiques se préoccupant, sans y rien connaître généralement, du bien-être animal, ne sont pas là pour nous faciliter la vie.

Sans surprise des associations amies ont mis la clé sous la porte.

 L’évolution du nombre de nos adhérents suit une courbe à tendance descendante.

Alors que faire ?

Pas de panique, serrons-nous les coudes.

 Réfléchissons ensemble.

Consultons-nous les uns les autres pour bien redéfinir nos objectifs en tenant compte des valeurs auxquelles nous sommes attachés et du contexte actuel.

Pour conclure je clame mon espoir de fêter nos 50 ans avec la plupart d’entre vous. Soyons optimistes ! Après tout, ce n’est que dans 9 ans !

Et si on essayait d’être heureux 

Ne serait-ce que pour donner l’exemple ?     (Jacques Prévert)            

DISCOURS DU VICE-PRÉSIDENT PIERRE POUR LES QUARANTE ANS DE LA S.A.B.G.

Le vice-président a la parole devant une salle attentive

Bonjour à toutes et à tous,

Nous pouvons aujourd’hui renouer avec notre assemblée générale, privée de siéger pendant un an  suite à une politique hygiéniste. Je vous remercie chaleureusement, vous les fidèles des assemblées générales, d’être présents au Châtelet-en-Brie, lieu de naissance de notre association.

Je veux remercier tout particulièrement Mr le Maire de Brie-Comte-Robert, Mr Jean Laviolette, Mme Martine Molineris, Adjointe au Maire qui nous apporte tout son soutien et qui est coorganisatrice de notre exposition avicole annuelle, notre association ayant son siège social à la mairie de Brie-Comte-Robert. Sans eux et leur volonté de s’inscrire dans notre préservation des races avicoles, notre association rencontrerait d’énormes difficultés quant à son avenir.

Empêchés à cette date leur présence n’a pas été possible. Aussi Mr Roger PENNEC, conseiller municipal de Brie-Comte-Robert les représente. Nous tenions à avoir parmi nous un représentant de la Mairie et notre conseil d’administration remercie Mr PENNEC de sa présence et je lui souhaite ainsi qu’à son épouse de passer un agréable moment parmi nous.

1981-2021 40 ans d’existence. Un bel âge pour une association… ! Et voilà qu’en l’an 1981 le 12 Février naissait, au Châtelet en Brie, l’association Société Avicole  Brie et Gâtinais mise au monde par quelques passionnés emplis de convictions dont Jean PASSERIEUX, notre président d’honneur ici présent  que nous pouvons applaudir. Bravo Jean pour cette fidélité à la S.A.B.G.

Et  vogue vers l’aventure cet équipage… ! Mais il fallait bien un capitaine pour mener à bien sur les flots tous ces fervents bénévoles et en 40 ans ils furent plusieurs vaillants et dévoués apportant  chacun  leurs méthodes et convictions dans le but unique de faire prospérer l’association.

Le premier Président fut Mr Guy Vernhes de 1981 à 1983, suivi par Mr Christian Courbes de 1984 à 1985. S’en suit pour 11 ans de présidence de 1986 à 1997 Mr Jean-Pierre Barbier, juge officiel ici présent dont la fonction actuelle au sein de l’association est l’identification des lapins par le tatouage. Les lapins veulent  aussi être à la mode… !

Mr René Evain prit la présidence de 1998 à 2001, Mr Frédéric Barbier de 2002 à 2003. Merci Frédéric d’être parmi nous.

Et enfin  notre président Gilles Guillet qui nous supporte depuis 2004 à ce jour. Quel mérite… ! 18 années de dévouement et je vous confirme qu’il a été de nouveau réélu pour nous conduire sur le bon chemin malgré les jours difficiles que va rencontrer l’aviculture.

Bon appétit à tous et j’espère que cette journée festive que je vous ai concoctée restera un agréable souvenir de cet anniversaire des 40 ans.

Pierre

Les Anniversaires ne valent que s’ils constituent des ponts jetés vers l’avenir.

« Citation de Jacques Chirac »

Jean Passerieux, Président d’honneur
Quelques capitaines au long cours. De gauche à droite : Jean-Pierre Barbier, Gilles Guillet, Jean Passerieux, Frédéric Barbier.

DES JEUNES SE FONT ENTENDRE

AgroParisTech, vous connaissez ?

« AgroParisTech est l’institut national des sciences et industries du vivant et de l’environnement, sous tutelle des ministères en charge de l’agriculture et de l’enseignement supérieur. Acteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce grand établissement de référence au plan international s’adresse aux grands enjeux du 21e siècle : nourrir les hommes en gérant durablement les territoires, préserver les ressources naturelles, favoriser les innovations et intégrer la bioéconomie. »

Lors de la remise de leur diplôme de fin d’études dans cet établissement quelques uns, parmi ces jeunes ingénieurs, ont pris la parole pour mettre en cause le contenu de leur apprentissage. appelant leurs camarades à utiliser leurs compétences pour une autre agriculture. Ils dénoncent les solutions envisagées pour réduire l’impact de l’agriculture sur la biodiversité et le réchauffement climatique fondées sur des technologies innovantes. Ils s’attachent aux solutions ultra locales et anti-productivistes et refusent de penser que la lutte contre la dégradation de la planète ne serait que technique.

Ingénieurs ils partent de l’état physique de la terre pour en tirer des conclusions à la fois scientifiques, sociales et politiques. On ne peut les taxer d’être ni des rétrogrades, ni des déserteurs, ni des utopistes. On pourrait même se demander si les alternatives qu’ils proposent ne sont pas encore trop limitées, plus libertariennes que libertaires. Question de point de vue !

Quoiqu’il en soit ces étudiants, très critiqués ces derniers jours, ne méritent pas notre condescendance. Ils nous montrent que la jeunesse a pris conscience de la gravité de la situation de la planète et cherchent courageusement à prendre le problème à bras le corps.

PAYSANS

Éleveurs amateurs, jardiniers, paysans… même passion : la vie. Et la vie c’est, d’abord, la nature. Nature pouvant être apprivoisée, certes, gérée pour nourrir l’humanité, mais respectée. Le paysan c’est justement celui qui gère la nature pour nourrir ses semblables. C’est celui qui façonne les paysages pour le bien de tous en prenant en compte les besoins même de la nature qu’il observe et ne contredit pas.

C’est bien ce qu’avait compris Claude Michelet, fils d’Edmond, ministre de De Gaulle et ancien résistant.

Dès son plus jeune âge il a fui le miroir aux alouettes de la capitale. Il a repris les 19 ha de friche de la ferme familiale, en Corrèze, où il a élevé quelques Limousines. Et, la nuit, il s’adonnait à sa seconde passion, en lien avec la première : l’écriture.

De son expérience paysanne et de sa plume d’écrivain est sortie la saga des Vialhe dont le premier tome, Des grives et des loups, m’avait enchanté dans les années 80. Il évoquait la grande sécheresse de 1976, les suicides de paysans dans les campagnes, les combats contre les projets de lotissements. Plus tard, en 1992, il fera éclater son indignation lors de l’inauguration du parc Disneyland pour la construction duquel ont été détruits des ha de blé peu avant la moisson.

Claude Michelet vient de nous quitter. Je ne pense pas que son œuvre laisse beaucoup d’indifférents parmi ceux qui ont eu l’occasion de le lire. Et, aux adhérents de la SABG passionnés de nature, je recommande ses ouvrages où, compte tenu de leur âge moyen il est permis de penser qu’ils retrouveront des souvenirs de jeunesse. Un certain nombre de pages revêt un caractère prémonitoire eu égard aux questions climatiques, aux problèmes de pollution, à l’appauvrissement de la biodiversité.

Guy

QUAND LA LANGUE INVENTE DE NOUVEAUX MOTS POUR SUIVRE L’ÉVOLUTION DES IDÉES

Le mot SENTIENCE entre dans le Larousse 2020

Par

Astrid Guillaume

fondation-droit-animal.org

Certains le connaissent déjà très bien et l’emploient depuis longtemps, d’autres en découvrent le sens et se demandent encore comment le prononcer, pour d’autres enfin son existence en français est discutable et inutile, le mot sentience a fait couler beaucoup d’encre avant d’entrer dans le Larousse 2020, à croire que les enjeux qui se cachaient derrière ce mot étaient bien plus grands qu’on ne le pense au premier abord.

L’Académie française des Vétérinaires s’était même improvisée linguiste et traductologue pour s’opposer farouchement à l’utilisation de sentient/sentience, par peur que la frontière entre les humains et les animaux ne soient amoindrie et que des dérives dangereuses ne compromettent la supériorité humaine sur les animaux : “Ces termes, s’ils étaient retenus, seraient rapidement utilisés de façon abusive avec un risque certain de servir d’arguments aux tenants de l’égalité entre l’Homme et les animaux, quelle que soit leur espèce, voire par les juristes souhaitant accorder une personnalité aux animaux.” Nous reviendrons dans un autre article pour la revue de la LFDA sur l’historique, les débats en hauts lieux et les enjeux qui se cachent derrière l’utilisation et l’histoire de ce mot d’origine latine, employé en anglais et déjà présent en allemand, espagnol et italien.

Définition

Pour le moment, retenons juste sa définition française telle que présentée dans le Larousse et n’hésitons plus à l’employer sans modération.

Sentience (du lat. sentiens, ressentant) : pour un être vivant, capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, etc. et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie.

La définition du Larousse est largement inspirée de celle de Donald Broom, professeur en bien-être animal au Centre for Animal Welfare and Anthrozoology de Cambridge, dont l’intervention à l’Unesco lors du Colloque « Le bien-être animal de la science au droit » organisé en décembre 2015 par la LFDA, avait fait date. Pour D. Broom, un être sentient est capable « d’évaluer les actions des autres en relation avec les siennes et de tiers, de se souvenir de ses actions et de leurs conséquences, d’en évaluer les risques et les bénéfices, de ressentir des sentiments, d’avoir un degré variable de conscience ». Un être sentient ressent la douleur, le plaisir et diverses émotions. Il a la capacité d’éprouver des choses subjectivement et d’avoir des expériences vécues. Un être sentient est un être conscient. L’éthique animale part du constat que la sentience implique a minima la capacité d’éprouver douleur et plaisir. La sentience fait que ce qui arrive à un être sentient lui importe.

Combler un vide traductologique

Dans son intervention à l’Unesco, Donald Broom était catégorique : « Je crois que c’est très important que “sentience” ne soit pas traduit par “sensible”. J’espère qu’il y a beaucoup de Français qui comprennent ceci. » L’entrée du mot sentience dans le Larousse est donc une première étape cruciale pour la reconnaissance d’un éventail plus fin de types de ressentis chez les diverses espèces animales. Les étapes suivantes seront essentielles pour la reconnaissance du bien-être des animaux, pour la bientraitance* et pour le respect avec lequel nous devons les considérer. Il s’agira de bien comprendre ce mot pour l’utiliser naturellement et de manière appropriée. Il s’agira surtout de l’employer systématiquement en lieu et place de sensible/sensibilité lorsqu’il faudra le traduire en français depuis l’anglais. En effet, la grande polysémie des mots sensible/sensibilité en français génère à la traduction un flou bien peu artistique et peu adapté surtout quand il s’agit de traduire des textes juridiques.

Sentience versus sensibilité

L’introduction dans le Larousse du mot sentience, de surcroît avec cette définition qui va au-delà du mot sensibilité, est donc une très bonne nouvelle pour les linguistes qui se réjouissent toujours de voir la langue française s’enrichir de nouveaux termes aussi précisément définis, mais aussi et surtout pour tous les êtres sentients, dont les émotions et la conscience étaient masquées, diminuées, voire niées en français par le mot sensibilité, trop polysémique et trop souvent utilisé sans ses nuances sémantiques pour traduire le mot sentience depuis l’anglais.

Les mots vivent, se définissent et se redéfinissent sans cesse, c’est bien là le propre de leur histoire, ils voyagent et se traduisent dans toutes les langues du monde : employer le mot juste et traduire précisément les textes en lien avec la bientraitance des animaux, c’est assurer un avenir meilleur à tous les animaux dans tous les domaines de la société où les humains interagissent avec eux dans le respect de leur sensibilité pour les uns et de leur sentience pour les autres.

Bienvenue au mot sentience dans la langue française !

Astrid Guillaume

* A. Guillaume « Le poids des mots/maux autour de la sentience animale: différences sémantique et traductologique entre bien-être et bientraitance », in Le bien-être animal : de la science au droit, L’Harmattan, 2018, pp. 69-80.

Article publié dans le numéro 102 de la revue Droit Animal, Éthique & Sciences

A PROPOS DU BIEN-ÊTRE ANIMAL

Point de vue de Claire Chevalier

Merci à Claire Chevalier pour le courriel qu’elle vient de m’envoyer et que je reproduis ci-dessous.

Ses propos d’une grande sagesse recevront, j’en suis sûr, l’assentiment de nombreux lecteurs.

Pour ma part j’ai été très sensible à l’ensemble de son message mais je relève particulièrement le paragraphe de conclusion concernant les motivations de l’éleveur. Je pense qu’à notre époque où se pose de façon cruciale la question de l’avenir de l’élevage amateur, il serait bon que nous fassions un tour de table pour que chacun exprime ses propres motivations. Qu’ensuite viennent des échanges entre nous, échanges qui pourraient nous servir à dégager des orientations communes servant de base à une redéfinition ou une explicitation des objectifs de notre association. Ainsi pourrions-nous présenter un front commun face aux dérives des courants de pensée nombreux qui, faute d’une connaissance suffisante des réalités du monde de l’élevage en général et de l’élevage amateur en particulier, détruisent beaucoup de choses au nom de principes qui se veulent généreux. Voici donc le message de Claire Chevalier.

Bonjour,

J’ai reçu hier le bulletin de la SABG, qui m’a encouragée à aller jeter un œil au site internet, dont je n’avais pas vu les derniers billets.

Alors je me propose de répondre à votre « cri dans le désert » bien légitime (merci pour votre énergie et votre implication) par une contribution, peut-être maladroite, tant le sujet est délicat, en commentant le billet « Où l’on reparle du bien-être animal… »

N’hésitez pas à me dire si mes propos vous semblent inappropriés…

Merci pour le lien de l’émission de France Inter.

Je me retrouve assez bien dans le discours défendu par Louis Schweitzer*. La philosophe, quant à elle, s’indigne du fait qu’on dispose de la vie et de la mort de nos animaux, alors qu’il ne peut en être autrement pour nos espèces domestiques, qui dépendent entièrement de nous. Il est étrange et à vrai dire, injuste, de reprocher à l’humanité actuelle cette responsabilité qu’effectivement nous avons (décider de la Vie et de la Mort de nos animaux), alors que nous ne pouvons pas renoncer à ce pouvoir de fait, nous ne pouvons que porter la responsabilité de nos choix (permettre ou non la Vie, donner ou non la Mort). Cette philosophe elle-même, en souhaitant empêcher ces poulets de naitre et de vivre, dispose également de leurs vies (à ses yeux, un poulet de 3 mois «  n’a même pas commencé à vivre », donc il ne mérite pas de naitre pour mourir à cet âge), et d’une manière qui pose tout autant question : Pour avoir observé mes couvées, regardé les jeunes poussins grandir abrités dans les plumes de leur mère, s’émanciper peu à peu et exprimer les comportements typiques de leur espèce… personnellement je n’ai pas de doute que leur vie vaut d’être vécue, même quand elle s’arrête à ce jeune âge. Cette philosophe n’a probablement jamais vécu cette expérience, pour méjuger ainsi ces vies animales.

Couple de Gauloises dorées claires de moins de 3 mois

Heureusement, les interventions des auditeurs m’ont semblé apporter des points pertinents manquant dans les propos des personnes interviewées. Ainsi un éleveur a rappelé les contraintes de la finitude : si on se refusait à donner la mort, et que le terrain n’est pas extensible, alors pour éviter la surpopulation il faudrait stopper les naissances, et le cheptel serait vieillissant, avec les soucis de santé et la souffrance qui vont avec. Au fond, ça interrompt le cycle de la Vie. Ce n’est satisfaisant que si on donne plus d’importance à l’individu (comme à un humain ou à un animal de compagnie), qu’à la perpétuation de la Vie elle-même. Probablement d’ailleurs cette philosophe croit-elle que le poulet bio de 3 mois « n’a pas du tout vécu » car l’humain n’a souvent pas tissé de lien individuel avec lui, comme si sa vie ne prenait de valeur que dans le lien avec l’humain.

Le raisonnement de cette philosophe n’est possible que parce que notre société industrielle donne une impression illusoire que nous sommes affranchis du cycle de la Vie. Même à la campagne, bien des gens vivent maintenant sans contact avec des animaux autres que de compagnie, et notre nourriture vient des supermarchés, sans rupture de stock. La mort est invisible, et certains oublient que la matière organique des morts permet les naissances suivantes, dans un recyclage infini.

Sur cette question de la bientraitance animale, à laquelle personne ne se présente comme insensible (car chacun a réellement ses propres limites, même si elles diffèrent), on peut tous être tenté de critiquer et dénoncer « les vrais méchants » (d’autres que soi) pour justifier et défendre nos propres pratiques. A trop jouer à ce jeu-là, nous risquons d’être tous perdants, car la Vie est terriblement imparfaite : outre la mort, elle inclut la souffrance chez tous les animaux évolués. Bien sûr nous devons tenter de la minimiser, mais nous ne pouvons pas jurer de la supprimer totalement sans éliminer la Vie avec…

A chacun de faire ce qu’il pense le mieux, pour les animaux et les humains !

Et pour conclure, je crois que l’essentiel pour garder notre enthousiasme est de parler du plaisir que nous prenons à élever nos volailles, et les valeurs positives qui nous motivent. Pour ma part se mélangent pêle-mêle la préservation de patrimoines génétiques variés, le plaisir de produire et côtoyer de beaux animaux qui me montrent l’exemple d’un bonheur simple, de les connaître chaque jour un peu mieux, de prendre soin et de contribuer à ce bonheur, le plaisir d’un contact avec la nature et d’observer le miracle de la naissance, la satisfaction de produire mes propres œufs et très occasionnellement un poulet en circuit ultra-court en sachant leurs conditions de vie, et probablement d’autres choses auxquelles je ne pense pas spontanément !

Je joins ci-dessous quelques photos de jeunes de moins de 3 mois, au printemps dernier. Sur 7 poussins (dont 5 mâles), 2 ont été tués vers 3 mois après, à mes yeux, une vie qui valait d’être vécue (je m’y applique).

Bien à vous,

Claire Chevalier.

*avec une grosse réserve cependant concernant la grippe aviaire, qui n’est pas affaire que de scientifiques, mais bien aussi de politiques… Mais c’est un autre sujet !

      Poussins de race gauloise dorée claire