LES ANIMAUX MALADES DE LA COVID

Non ! Vous savez tous que la peste ne sévit pas chez nous comme au temps de Jean de la Fontaine. La fable « Les animaux malades de la peste » n’est donc plus d’actualité. Et son auteur, se prélassant dans le parc du château de ses grands-parents, surplombant le centre ville de Coulommiers et le village de Mouroux, a bien besoin de la plume alerte d’un jeune confrère pour réactualiser son récit.

Et le jeune confrère ne se fait pas attendre J’ai nommé… Pierre Herrmann. Voici donc le travail de Jean corrigé et mis à jour par Pierre.

« Le Passé est toujours présent »

Citation de Maurice Maeterlink

Le 13 avril 1695 mourait, à 73 ans, Jean de la Fontaine, poète, fabuliste et conteur.

Le brillant maniement des vers et la visée morale des textes, beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît à la première lecture, ont déterminé le succès « des fables de la Fontaine ».

On citera aujourd’hui « les animaux malades de la peste ». Étrange concordance 4 siècles plus tard avec notre situation sanitaire du moment.

A nos chers Éleveurs d’animaux de basse-cour.

« Les animaux malades de la Covid »

Un mal qui répand la terreur
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Covid (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie.
Ni poules ni canards n’épiaient
Le doux et l’innocent ver de terre  
Les tourterelles se fuyaient
Plus d’amour, la vie devient un calvaire.

Le canard de Barbarie tint conseil, et dit : « Mes chers amis »,
Je crois que le ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune.
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux
Peut- être il obtiendra la guérison commune
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements.
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence 
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mon agressivité de renom,
J’ai piqueté force canetons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense.
Même il m’est arrivé quelquefois d’attaquer
Mon nourricier.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
_ Majesté, dit le Lapin, vous êtes trop bon palmipède
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien piqueter des canetons, chenapans, forts de maladresse,
Est-ce un péché ? Non, non : vous leur fîtes, Seigneur,
En les piquetant beaucoup d’honneur ;
Et quant au nourricier, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le lapin, et flatteurs d’applaudir.

Du paradis des conteurs, je souhaite que Jean de la Fontaine me pardonne d’avoir  quelque  peu adapté sans prétention sa fable.

Pierre HERRMANN

LE RESPECT DE L’ANIMAL

Il y a de quoi s’inquiéter quand on lit certains articles. Comment comprendre le verbe « respecter » ? Des citadins n’ayant aucune expérience de la vie avec des animaux élèvent la voix pour discréditer toute forme de domestication et d’utilisation de l’animal. Ce qui ne les empêche pas de profiter de sélections outrancières pour fabriquer des chiens (fiers descendants des loups ?) avec lesquels ils jouent comme avec des peluches.

Je partage ci-dessous le message de Matthieu Leuridan sur Facebook. A chacun de réagir en fonction de ses convictions.

Guy

RÉFLEXIONS SUR NOTRE TEMPS – YVES ABATE

Yves réagit à mon article du 10 avril dernier. J’ai plaisir à partager sur notre site ses propos empreints d’une grande sagesse. Par ailleurs il s’inquiète à juste titre de la situation des associations avicoles par les temps troublés que nous vivons. Je cite ce qu’il m’écrit dans un mail :

« Je viens d’apprendre que le club de l’EAE, dont je fais partie depuis une trentaine d’années, va disparaître ! Les clubs avicoles sont en sommeil, ils vont devoir faire des efforts pour repartir.« 

Et voici sa réaction à l’article du 10 avril.

Par ces temps moroses, Guy nous transmet quelques réflexions d’actualité pour donner un peu de vie au site de la SABG. 

Il termine par cette phrase : « Je nous souhaite à tous de traverser le plus sereinement possible ces « vagues » terribles sur lesquels la Covid-19 nous fait « surfer » comme on dit en « bon » français. » Nous sommes tantôt sur un pic, tantôt sur un plateau, tantôt sur une descente.  

Nous vivons cette pandémie au gré des annonces médiatiques. Peurs, angoisses, paniques bercent notre quotidien. 

Pour moi, petit vieux retraité exilé dans mon oasis de nature, entouré par toute ma volaille, je me sens très peu impliqué dans cette crise sanitaire. 

Oui, la mort plane sur nos têtes, et alors, c’est notre destinée à tous, aujourd’hui ou demain ! 

Je suis surpris de voir l’insouciance de la jeunesse et les craintes de la vieillesse devant cette fin de vie qui nous est inéluctable. Pour moi, je vois les choses complètement inversées : les jeunes doivent craindre de perdre leur avenir et les vieux doivent accepter de laisser la place aux jeunes ! 

Je me sens d’ailleurs de moins en moins concerné par l’avenir de l’humanité. Je ne veux pas sauver la planète car je n’en ai plus le temps et l’énergie. Cela ne m’empêche pas d’être conscient des nombreuses crises que devront affronter les générations futures. Nous devons modifier nos habitudes pour s’adapter aux changements de notre environnement. 

Oui, amis éleveurs, traversons sereinement ces moments difficiles et profitons de ce merveilleux printemps 2021 avec le renouveau de la nature. 

Actuellement, j’ai beaucoup de petits poussins qui m’apportent leur vivacité et leur joie de venir passer un moment sur notre jolie terre. 

Reproduisez, sélectionnez et rendez-vous le plus tôt possible à une grande exposition avicole pour montrer au public les plus beaux et adorables animaux domestiques que nous choyons quotidiennement. 

Bien amicalement. 

Yves ABATE 

EN SIGNE D’AMITIÉ : QUELQUES RÉFLEXIONS DE GUY

I- ÉCRITURE INCLUSIVE

Chers adhérents de la S.A.B.G. et autres associations, amis éleveurs,

Pour commencer, ne soyez pas offusquées, amies éleveuses, si je ne vous ai pas spécifiquement mentionnées dans l’adresse. Pour moi, vieux de la vieille, le groupe « amis éleveurs » comprend automatiquement les amies éleveuses sans qu’il soit nécessaire de préciser. Mais nous vivons une époque moderne et pleine de contradictions. On prône l’écriture inclusive pour ne pas oublier les dames mais en même temps on remet en cause le genre. On recherche la simplicité mais on ne s’offusque pas devant cette écriture inclusive si rebutante à pratiquer.

Quelques règles et exemples d’écriture inclusive. Ils font de l’élevage. Jusqu’à présent on entendait dans cette expression que le groupe dont on parle est composé aussi bien d’hommes que de femmes dans des proportions non précisées. Aujourd’hui il faudrait mentionner par ordre alphabétique les termes au féminin et au masculin. On devrait donc écrire : Elles et ils font de l’élevage. Quant à l’accord, il se fait avec le sujet le plus proche du verbe : Les hommes et les femmes sont belles.

On utilise un point milieu pour marquer le genre des mots : les éleveur.euse.s, les acteur.trice.s. Vous trouvez ça facile, vous ? D’autant moins que mes exemples ne sont pas vraiment justes. En effet, les points ne sont pas corrects mais je ne sais pas les produire à partir de mon clavier. Par comparaison avec les tirets, le point correspondrait au tiret du 8 alors que le point milieu correspondrait au tiret du 6.

II- UN PEU DE LECTURE

Pour ceux qui aiment lire ou qui trouvent le temps de lire, je recommande ce titre de Boris Cyrulnik (Voir ci-dessous). L’auteur expose avec la simplicité qu’on lui connaît des réflexions sur l’actualité que nous vivons. Éleveurs, nous ne pouvons rester indifférents aux questions sur la place de l’humain dans la nature ni sur la place de l’individu dans la société. Beaucoup de nos certitudes nées de notre éducation, de notre expérience sont remises en cause actuellement, nous en sommes déboussolés. La réflexion de Boris Cyrulnik peut nous aider à nous réorienter, à repréciser un cap, à ne pas perdre tous nos repères.

Je nous souhaite à tous de traverser le plus sereinement possible ces « vagues » terribles sur lesquels la Covid-19 nous fait « surfer » comme on dit en « bon » français. En attendant des jours meilleurs soignez bien vos petites et grosses bêtes dans l’espoir que le jour où vous pourrez les présenter en exposition ne se fera pas trop attendre. N’hésitez pas à faire part de toutes remarques qui vous viendraient à l’esprit.

Bien amicalement,

Guy

Le jugement des volailles en exposition.

Parcourant les pages FaceBook , je trouve ce texte de Matthieu LEURIDAN, juge volailles. Après lecture je m’empresse de le partager avec vous tous car je pense qu’il peut éclairer nombre d’entre nous. Il est extrêmement précis et cependant d’une grande clarté. Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire l’article. Guy

Petit article que je viens de faire (PDF en français et pour les français) sur le jugement des volailles en expositions et son « organisation ». Si vous êtes président d’association ou rédacteur d’une revue, vous pouvez le diffuser 😉. Matthieu LEURIDAN

PROTÉGER NOS ÉLEVAGES…

Nous savons tous, par expérience malheureuse, que nos élevages sont la cible de quantité de prédateurs, grands et petits : renards, fouines, rats, oiseaux propagateurs de microbes, poux… La liste est longue. Il faut trouver des parades. Mais il faut aussi se protéger dans le respect d’un équilibre naturel, dans le respect de la biodiversité dont on dit souvent qu’elle est mise à mal. Cela demande réflexion. Et c’est bien sur le terrain de la réflexion que s’engage Yves ABATE quand il s’offusque auprès de la firme DUCATILLON de la voir vendre des pièges présentant un danger pour de nombreuses espèces d’oiseaux qui ne représentent pas une gêne pour nos activités. Voici donc le courrier adressé par Yves à la société DUCATILLON. A chacun de vous de réagir, ce peut être l’amorce d’un débat entre adhérents. Voici donc la copie du courrier adressé par Yves à DUCATILLON. Guy

NOËL

2020, année difficile entre toutes. Un tout petit virus fait régner la terreur sur notre monde. Il se prend pour le roi de la terre ; il a même eu l’audace de se faire baptiser le virus couronné. Son arme absolue ? Faire régner la peur. Et, comme il n’est pas si puissant que ça pour effrayer les éleveurs à l’âme bien trempée, il fait appel à des copains pour nous déstabiliser en inondant les élevages du virus de l’influenza aviaire.

Il ne nous connaît pas bien. Noël est bientôt là. A l’époque romaine c’est DIES NATALIS SOLIS c’est à dire la fête de la naissance du soleil invaincu. Cette fête se déroulait du 17 au 24 décembre, à la fin des Saturnales (fête en l’honneur du dieu Saturne). Exceptionnellement les esclaves étaient invités à la table des maîtres, on faisait bombance, on s’échangeait des cadeaux.

L’étymologie de Noël est donc à relier à Natalis, naissance. A l’ère chrétienne l’église, ne connaissant pas avec exactitude le jour de naissance du Christ, a choisi le 25 décembre pour fêter cet événement, concurrençant ainsi la fête païenne des saturnales.

Quoiqu’il en soit Noël marque toujours la renaissance du soleil après le solstice d’hiver.

Voilà pourquoi, éleveurs de la SABG, du GCF et de toutes les autres associations qu’il serait bien trop long de mentionner ici, je sais que vous ne courberez pas la tête dans l’adversité.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de Noël, dans la joie et la sérénité.

Je vous souhaite du courage s’il vous faut affronter des vents contraires.

Je vous souhaite la force du soleil invaincu.

Bien amicalement,

Guy

TELE-REUNION AVEC MATTHIEU LEURIDAN

La télé-réunion annoncée a bien eu lieu hier samedi et a duré environ une heure. Tous les éleveurs de volailles appelés à exposer leurs sujets pouvaient être intéressés par les explications données même s’ils ne sont pas directement concernés par la Poule-Soie. En effet Matthieu avait choisi trois sujets de cette race : une poule blanche, une poule coucou chocolat et un coq noir.

Dans un premier temps il a donné des conseils pour la préparation de l’animal à exposer afin de le mettre en bonne condition. Soins du plumage, des pattes, bain ou douche avec shampoing , séchage au sèche-cheveux.

Puis il a passé en revue les différents points pris en considération par le juge. Il a tout d’abord insisté sur la masse, sur le nombre de doigts (5 pour la race présentée), sur le fait qu’ils doivent être bien séparés. Il a attiré l’attention sur la crête qui, dans cette race, doit être un bourrelet de chair plus large que long avec un sillon transversal. Les épines à la terminaison de la crête constituent un défaut. On s’intéresse beaucoup à la couleur des yeux qui doivent être le plus foncé possible au point qu’on ne puisse distinguer la pupille de l’iris. (yeux de vesce). Exception pour la variété coucou dont les yeux sont rouge orangé.

Forme et type sont ensuite les caractéristiques prises en compte. Le type est défini comme l’ensemble des formes réunies dans une silhouette globale. On s’intéresse à la ligne du dos qui, dans notre cas, doit être concave en U. Dos court, queue relevée, port d’aile horizontal. Bonne profondeur : abdomen massif donnant une impression de rondeur globale.

En ce qui concerne la tête : la huppe est sphérique et ne cache pas les yeux (observation faite à hauteur des yeux du juge), la barbe est massive et comporte deux favoris latéraux, le bec est court et épais. L’emplumage des pattes est moyen, sans manchette ni jarret de vautour.

Le plumage est soyeux. Pour cette race le plumage est un élément essentiel du jugement sous les rapports de la qualité et de la souplesse. Les ailes comportent 2/3 de plumes normales, 1/3 de plumes soyeuses.

La couleur de la peau est noire (sauf pour la coucou) et s’apprécie au niveau de la crête et sous les ailes, elle doit être le plus foncé possible. Le bec est bleu noirâtre (sauf coucou), les oreillons bleu turquoise.

Bref il ne m’est pas possible de faire un compte-rendu exhaustif. Je souhaite, non pas avoir été complet, mais avoir donné au lecteur une vue d’ensemble de la démarche du juge qui cherche à apprécier, le plus objectivement possible, les qualités et les défauts d’un sujet en fonction des données du standard officiel. Ce qui me frappe, c’est la rigueur dans l’examen.

Je remercie Matthieu pour son exposé enrichissant.

Guy

P.S. Il est toujours possible, pour ceux qui n’auraient pu voir la démonstration en direct, de la regarder en différé sur la page Facebook de Matthieu Leuridan.