DES JEUNES SE FONT ENTENDRE

AgroParisTech, vous connaissez ?

« AgroParisTech est l’institut national des sciences et industries du vivant et de l’environnement, sous tutelle des ministères en charge de l’agriculture et de l’enseignement supérieur. Acteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce grand établissement de référence au plan international s’adresse aux grands enjeux du 21e siècle : nourrir les hommes en gérant durablement les territoires, préserver les ressources naturelles, favoriser les innovations et intégrer la bioéconomie. »

Lors de la remise de leur diplôme de fin d’études dans cet établissement quelques uns, parmi ces jeunes ingénieurs, ont pris la parole pour mettre en cause le contenu de leur apprentissage. appelant leurs camarades à utiliser leurs compétences pour une autre agriculture. Ils dénoncent les solutions envisagées pour réduire l’impact de l’agriculture sur la biodiversité et le réchauffement climatique fondées sur des technologies innovantes. Ils s’attachent aux solutions ultra locales et anti-productivistes et refusent de penser que la lutte contre la dégradation de la planète ne serait que technique.

Ingénieurs ils partent de l’état physique de la terre pour en tirer des conclusions à la fois scientifiques, sociales et politiques. On ne peut les taxer d’être ni des rétrogrades, ni des déserteurs, ni des utopistes. On pourrait même se demander si les alternatives qu’ils proposent ne sont pas encore trop limitées, plus libertariennes que libertaires. Question de point de vue !

Quoiqu’il en soit ces étudiants, très critiqués ces derniers jours, ne méritent pas notre condescendance. Ils nous montrent que la jeunesse a pris conscience de la gravité de la situation de la planète et cherchent courageusement à prendre le problème à bras le corps.

PAYSANS

Éleveurs amateurs, jardiniers, paysans… même passion : la vie. Et la vie c’est, d’abord, la nature. Nature pouvant être apprivoisée, certes, gérée pour nourrir l’humanité, mais respectée. Le paysan c’est justement celui qui gère la nature pour nourrir ses semblables. C’est celui qui façonne les paysages pour le bien de tous en prenant en compte les besoins même de la nature qu’il observe et ne contredit pas.

C’est bien ce qu’avait compris Claude Michelet, fils d’Edmond, ministre de De Gaulle et ancien résistant.

Dès son plus jeune âge il a fui le miroir aux alouettes de la capitale. Il a repris les 19 ha de friche de la ferme familiale, en Corrèze, où il a élevé quelques Limousines. Et, la nuit, il s’adonnait à sa seconde passion, en lien avec la première : l’écriture.

De son expérience paysanne et de sa plume d’écrivain est sortie la saga des Vialhe dont le premier tome, Des grives et des loups, m’avait enchanté dans les années 80. Il évoquait la grande sécheresse de 1976, les suicides de paysans dans les campagnes, les combats contre les projets de lotissements. Plus tard, en 1992, il fera éclater son indignation lors de l’inauguration du parc Disneyland pour la construction duquel ont été détruits des ha de blé peu avant la moisson.

Claude Michelet vient de nous quitter. Je ne pense pas que son œuvre laisse beaucoup d’indifférents parmi ceux qui ont eu l’occasion de le lire. Et, aux adhérents de la SABG passionnés de nature, je recommande ses ouvrages où, compte tenu de leur âge moyen il est permis de penser qu’ils retrouveront des souvenirs de jeunesse. Un certain nombre de pages revêt un caractère prémonitoire eu égard aux questions climatiques, aux problèmes de pollution, à l’appauvrissement de la biodiversité.

Guy